Mario Beauregard / Métro L'École de technologie supérieure.

Québec octroie une somme de 55M$ à l’École de technologie supérieure (ÉTS) afin que celle-ci puisse faire face «à la forte croissance de [son] effectif étudiant». L’enveloppe budgétaire permettra à l’institution d’ériger un nouveau pavillon et de procéder à l’amélioration de certaines installations déjà existantes.

C’est au deuxième étage de la Maison des étudiants que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David, et la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, en ont fait l’annonce, jeudi, lors d’un point de presse en fin d’avant-midi.

«Le chiffre à retenir ici, c’est 55% de l’augmentation de la clientèle entre 2012 et 2017, alors que la moyenne universitaire est de 8% dans ces mêmes années, a lancé d’emblée la ministre David. Ça montre la popularité et la qualité de l’ÉTS, et surtout la réussite d’un modèle que je n’arrête pas de glorifier, celui du DEC intégré technique en génie.»

Au-delà de leur caractère «exemplaire», ces chiffres démontrent selon la députée d’Outremont qu’il faut «plus de professeurs, plus de classes et plus de recherches» à l’ÉTS. «En génie, ça prend de l’espace pour la formation, et c’est normal», a-t-elle ajouté.

Le Plan quinquennal des investissements universitaires prévoit à l’interne un montant substantiel de 4M$ afin de réaliser les études de faisabilité en vue de l’implantation du nouveau pavillon. Celui-ci sera vraisemblablement construit là où se situait l’ancienne brasserie Dow. Près de 10M$ seront aussi injectés dans des «travaux urgents» de décontamination sur le site, a ajouté Hélène David.

Une aide financière globale de 42,5M$ est en réalité accordée à l’ÉTS pour la construction même du pavillon, qui comptera cinq étages. Le projet permettra de plus l’ajout de salles de classe et de laboratoires d’enseignement, en plus de relocaliser certains espaces administratifs. À l’occasion de la première pelletée de terre, le projet vaudra 224M$, a mentionné la libérale.

«On est biaisés»
Dès le début de son allocution, la vice-première ministre Dominique Anglade a admis, sur le ton de l’humour, que «peut-être que oui, [le gouvernement] est un peu biaisé par rapport à l’ÉTS», provoquant les rires dans la foule réunie sur place.

Jeudi, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne était dans son propre comté pour annoncer les investissements. Parlant d’une excellente nouvelle pour le Québec, Mme Anglade a louangé l’administration de l’école de technologie, «un partenaire de choix pour le gouvernement».

«L’ÉTS a un impact positif sur l’économie du Québec, un rôle déterminant, a-t-elle expliqué. Lorsqu’on regarde la situation économique, on constate qu’on a besoin de 1,3 million d’emplois à combler dans la province seulement. Et pour ça, il va falloir des écoles dignes de ce nom, capables d’accueillir encore plus d’étudiants.» Par cet octroi important, elle estime bâtir pour l’avenir du Québec.

Au centre de cet investissement, se trouvent les femmes, selon la ministre Anglade. «Je le dis souvent, le plus potentiel de croissance, ce sont les femmes. Si on a plus de femmes sur le marché et dans des secteurs comme le génie, on aura un impact encore plus grand sur le PIB [produit intérieur brut]. Ça passe par un nombre accru d’étudiantes, et on souhaite aller plus loin.»

Un DG satisfait, presque gêné
Le directeur général de l’École de technologie supérieure, Pierre Dumouchel, s’est dit pour sa part presque gêné de recevoir autant pour son institution. «Vous êtes les deux ministres qui connaissent le mieux l’ÉTS, vous en parlez presque mieux que je ne pourrais le faire», a-t-il d’abord lancé à l’endroit de Mmes David et Anglade.

Abondant dans le même sens que celles-ci, M. Dumouchel a insisté sur la demande importante de diplômés en génie. «En ce moment, on parle de 6000 offres de stage pour 3600 étudiants. Donc il manque d’étudiants, et on pourrait en former encore beaucoup plus», a-t-il tranché.

La croissance «phénoménale» de l’école de technologie amène son lot de pressions intensives, selon lui, avec lesquelles il faut composer pour innover. «On n’est pas en déficit budgétaire, heureusement, mais on est en déficit d’espace et de professeurs aussi. C’est un beau problème, mais il faut corriger cette situation-là.»

Sur le nouveau pavillon plus précisément, le directeur a estimé à plus de 600 000 pieds carrés la surface potentielle qu’il sera possible de développer «pour répondre à la demande». «Avant, on brassait du houblon [à la brasserie Dow], et maintenant, on y brassera des neurones», a-t-il martelé, avant d’être chaudement applaudi par ses collègues.

«Premiers bénéficiaires» des travaux prévus, les étudiants pourront profiter des nouvelles installations au courant des prochaines années. Un échéancier plus précis du chantier devrait être connu sous peu. «On pense qu’avec les nouveaux espaces, les étudiants vont pouvoir se concentrer pleinement sur leur formation», a indiqué la ministre Anglade.

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