Archives Métro Tibor Baranyai, Ildiko Dellamario, Ildiko Nagy et Jesey Bernard. Les deux femmes, mère et fille, ont été expulsées du Canada vendredi et sont retournées en Hongrie.

La femme et la belle-fille de Tibor Baranyai, qui avait été victime de trafic humain à son arrivée au Canada en 2009, ont finalement été renvoyées dans leur Hongrie natale vendredi.

Métro avait rencontré la famille la semaine dernière, alors que le jeune Montréalais Jesey Bernard tentait par tous les moyens d’empêcher l’expulsion imminente de sa femme, Ildiko Nagy, et de la mère de celle-ci, Ildiko Dellamario (voir le premier article publié la semaine dernière, Une mère et sa fille bientôt expulsées du Canada).

Le journal Globe and Mail ainsi que le réseau CBC ont repris l’histoire, en vain. Les deux femmes ont dû quitter le sol canadien vendredi. Des agents des services frontaliers les attendaient à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau de Montréal, selon Jesey Bernard, qui est allé reconduire sa femme, le cœur lourd.

Le mari de Mme Dellamario, Tibor Baranyai, se sent floué. Celui qui avait aidé la GRC à démanteler le réseau de trafic humain dont il a été victime à Hamilton juge que le Canada a une façon plutôt ironique de le remercier.

«Les trafiquants m’ont utilisé pour mon travail, et le Canada m’a utilisé comme témoin pour poursuivre les criminels, a-t-il fait savoir vendredi. Mais les deux m’ont enlevé la chose la plus importante pour un être humain : aimer et être aimé en retour, et être supporté par une famille auprès de moi.»

Jesey continue son combat, même s’il a perdu espoir et confiance en le système canadien. Il compte effectuer une deuxième demande de parrainage pour faire revenir sa femme ici, puisque la première n’a jamais abouti. En attendant, il réussit à parler à sa douce par Skype – il a vendu ses biens de valeur pour pouvoir lui acheter un ordinateur portable avant son départ.

La raison principale évoquée par Citoyenneté et Immigration Canada, concernant l’expulsion des deux femmes, est que la Hongrie est un pays démocratique, et que, par conséquent, elles n’y sont pas en danger.

«Je ne sais pas en quoi le fait que la Hongrie soit un pays démocratique justifie de séparer des familles, a confié Jesey à Métro, dimanche. C’est dur à croire qu’un pays comme le Canada fasse quelque chose de ce genre. C’est peut-être légal, mais ce n’est pas humain.»

Citoyenneté et Immigration Canada n’a pas voulu accorder d’entrevue à Métro.

Rappel des faits

Ildiko Dellamario est arrivée au Canada en 2009 avec sa fille, Ildiko Nagy, encore adolescente à l’époque, pour fuir les menaces dont elle disait être la cible en Hongrie, alors qu’elle travaillait dans une banque.

C’est au Canada, sur un site de rencontre, qu’elle fait la connaissance de Tibor Baranyai, également Hongrois d’origine. Celui-ci s’était retrouvé prisonnier d’un réseau de trafic humain hongrois à Hamilton, en Ontario, à son arrivée au Canada. Il a réussi à s’en échapper et a aidé la Gendarmerie royale du Canada à démanteler le réseau en témoignant au procès qui s’en est suivi.

Toutefois, M. Baranyai soutient que les têtes pensantes du réseau sont toujours actives en Hongrie. Elles auraient même envoyé un tueur à gage pour éliminer les victimes, ainsi que le procureur de la Couronne et deux agents de la GRC, selon les informations que Métro a obtenues. Des victimes et leur famille ont également été menacées ou carrément tuées en Hongrie, selon les papiers officiels que Métro a pu consulter.

Pour cette raison, M. Baranyai a obtenu le statut de réfugié. Il ne peut plus retourner en Hongrie, où il est en danger. Mais il a peur pour sa femme, Ildiko Dellamario, et sa belle-fille, Ildiko Nagy, qui viennent d’être forcées à retourner en Hongrie.

Aussi dans Montréal :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!