Josie Desmarais/Métro L'avenue McGill College

Des architectes paysagistes proposent d’aménager une «coulée verte piétonisée» sur la future place publique qui se trouvera sur l’avenue McGill College.

Dans un mémoire rendu public lundi, l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) suggère de mettre en scène «de façon optimale» les vues vers la montagne et d’offrir une halte de confort permettant aux utilisateurs «de se ressourcer et de se rencontrer au cœur de l’effervescence du centre-ville», en implantant des «îlots attractifs» et des «zones de déambulation lente et contemplative».

Il est aussi demandé, dans le rapport, de créer des masses de végétaux qui enrichiraient la biodiversité du centre-ville et du corridor menant au mont Royal, en plantant des arbres pour contraster «avec la canicule urbaine». L’eau devrait être un «élément distinctif» du site, selon l’association, qui estime qu’un programme de pratiques de gestion optimales des eaux pluviales (PGO) devrait aussi être adopté.

Les membres du regroupement demandent une collaboration constante entre les interventions de la Ville et des autorités en transport avec les gestionnaires des propriétés privées adjacentes «pour assurer le respect de la vision commune de la place publique». L’hiver, l’endroit devra devenir un «vaste réseau tentaculaire» pour faire rayonner les différents espaces publics disponibles pendant la saison froide, poursuit-on.

L’avenue McGill College doit être «une place de prestige», croit l’organisation, qui entend militer pour l’intégration d’architectes paysagistes – membres de son association ou non – «dès les premières phases du projet».

«Les enjeux de paysage sont centraux dans cet ambitieux projet de réaménagement, tout comme le virage du développement durable», a expliqué la présidente de l’AAPQ, Isabelle Giasson, peu après le dévoilement dudit rapport, publié sur le site de son association. 

«Il faut tirer parti du potentiel exceptionnel que représente cette zone stratégique située au cœur du centre-ville de Montréal en misant sur une stratégie axée sur le paysage, la géographie des lieux et l’histoire ainsi qu’en s’appuyant sur la créativité de nos concepteurs.» – Isabelle Giasson, présidente de l’AAPQ, qui dit aller dans le même sens que plusieurs autres intervenants.

La détermination des Montréalais «à faire inscrire le mont Royal dans la liste du patrimoine UNESCO» devrait, renchérit la présidente, «se refléter dans le réaménagement de l’avenue McGill College et son arrimage avec le campus de l’université et le développement immobilier du secteur», ce qui inclut la requalification de l’esplanade de la Place Ville-Marie.

En plus de sa valeur patrimoniale «naturelle et culturelle», ce site est source de fierté «inestimable» pour les Montréalais et représente un environnement «attractif» pour les touristes, ajoute-t-elle. «Il importe de réaménager McGill College en fonction du génie du lieu: une interface entre le centre-ville et la grande coulée verte du mont Royal», lit-on dans un communiqué publié lundi par le regroupement associatif d’architectes et de paysagistes.

Au début du mois d’octobre, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a lancé un processus consultatif sur l’avenue McGill College.

Dans une entrevue avec Métro au début du mois d’octobre, le directeur des politiques d’Héritage Montréal, Dinu Bumbaru, s’est dit en accord avec le fait de donner plus d’importance à l’aspect déambulatoire et piétonnier de l’avenue. Il a toutefois dit craindre «que la consultation donne trop de place au design et qu’on oublie l’esprit du lieu». Il a souligné que l’aménagement de cet axe historique doit être fait dans un souci de créer un véritable legs. Il aimerait que les efforts collectifs d’il y a 30 ans soient mieux reconnus et que les erreurs du passé ne soient pas répétées.

En 1984, une grande controverse éclatait à Montréal concernant cette même avenue, opposant le groupe Cadillac Fairview – qui tentait à l’époque d’y construire un immense centre commercial – et plusieurs organismes, qui estimaient que la rue serait complètement coupée en deux et que la vue sur le mont Royal serait brimée. D’abord approuvé par l’administration du maire Jean Drapeau, le projet avait finalement été revu par la Ville, devant une opposition grandissante.

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