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La Ville de Montréal prévoit que ses revenus seront en augmentation de 233M$ (+4,3%) en 2019 par rapport à l’an dernier, totalisant quelque 5,7G$, d’après son plus récent budget déposé jeudi. Cette hausse s’expliquerait principalement par des taxes spéciales plus importantes cette année.

Montréal prévoit effectivement générer des revenus supplémentaires de 34,9M$ par une hausse de 1% des charges fiscales dédiée au réseau de l’eau, mais aussi par une augmentation de 0,05% de la taxe dédiée au réseau de la voirie et par la création d’une nouvelle contribution fiscale à la mobilité. Celle-ci sera versée à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et rapportera 11,4M$.

«Il faut rendre plus transparent le coût du transport collectif à Montréal. Cette nouvelle taxe couvrira une partie de notre hausse de contribution à l’ARTM.» -Benoît Dorais, président du comité exécutif, lors d’une présentation officielle.

Les hausses de taxes, fixées à 1,7% pour les immeubles résidentiels et à 1,3% pour les non résidentiels, «n’auraient pas été réalisables sans un contrôle rigoureux des dépenses et un travail minutieux dans les derniers mois», a ajouté le président, vantant les qualités de son administration.

Une entente cruciale avec Québec
La prochaine négociation du pacte fiscal avec le gouvernement du Québec, qui viendra à échéance en 2019, «devra faire accroître et diversifier les sources de revenus pour Montréal et les autres villes de la province», a envisagé M. Dorais. Il estime que la notion d’équité, essentielle selon lui au développement urbain, «devra autant s’appliquer entre les différents quartiers de Montréal qu’avec les villes liées». «Plus largement encore, il faut de l’équité entre les générations et les différents groupes sociaux de notre société», a-t-il dit.

La mairesse Valérie Plante a convenu que ses espoirs «sont immenses» pour ce pacte fiscal. «On doit aller chercher des nouvelles manières de diversifier nos revenus», a-t-elle indiqué, reconnaissant que le taxe foncière incarne «une trop grande partie» des revenus de la Ville.

La croissance immobilière anticipée qui, par l’ajout de 4G$ en nouvelles valeurs imposables, rapportera aussi des revenus de l’ordre de 45M$. L’augmentation des revenus des taxes de services dans les arrondissements atteindra 5,5M$, en plus de leurs surplus de 7M$ et d’une hausse prévue de leurs revenus de 2,7M$.

Fait intéressant: la Ville s’attend à une subvention de 5M$ du ministère de la Sécurité publique pour financer la création de l’équipe ACCÈS-Cannabis, au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Même réalité de dépenses
Puisque la Ville de Montréal est tenue de présenter un budget équilibré, ses dépenses augmenteront aussi de 233M$ en 2019. Selon le comité exécutif, cela est entre autres attribuable à une somme de 86,2M$, qui servira à combler le déficit de 2017 relatif aux activités de l’agglomération et une dépense supplémentaire de 80M$ liée à la stratégie de paiement au comptant des immobilisations (PCI).

Si on écarte ces deux sorties d’argent, la hausse réelle des dépenses serait en réalité de 66,7M$ (+1,2%).

Les coûts de la dette brute sont en hausse de 32,2M$, pour atteindre 1,05G$. Son paiement est encore un «enjeu central pour la santé financière de Montréal», selon le président du comité exécutif, Benoit Dorais. Le coût net de la dette qui est à la charge des contribuables montréalais atteindra environ 777 M$ en 2019. Cette charge est répartie entre les contribuables de l’agglomération et ceux de la Ville de Montréal.

«La dette est tout à fait contrôlée. Tous les voyants sont au vert, a assuré Benoît Dorais, en mêlée de presse. C’est le ratio en ce moment qui est prévu. On est très performants, on est efficaces, puisqu’on a pris de l’expérience dans les dernières années.» -Benoît Dorais, président du comité exécutif

Il a parlé d’une «courbe normale de progression».

Un montant de 2,3G$ sera aussi réservé à la rémunération des employés municipaux. Quoique non-négligeable dans les calculs de la Ville, cette somme représente tout de même une baisse de 35,3M$ (-2,4%) par rapport à l’an dernier. C’est donc dire que le salaire des employés prend moins de poids sur les dépenses totales. La Ville espère ainsi contrôler l’augmentation de la rémunération de sa main-d’œuvre.

Parmi les principaux facteurs expliquant cette hausse de dépenses, on note l’augmentation des budgets des arrondissements de 25,1M$, une hausse de la contribution de l’ARTM de 24,9M$ et une augmentation des budgets en sécurité publique d’environ 21M$.

Des crédits supplémentaires de 40,6M$ accordés par la Ville de Montréal sont aussi à considérer pour l’habitation, dont 10M$ provenant l’entente avec la Société d’habitation du Québec et le programme Accès Logis, de même que 10M$ pour le programme de subvention pour l’acquisition d’une résidence. Une somme de 10,3M$ s’ajoute aussi pour le financement des interventions en matière de logement abordable. La Ville déboursera enfin 13,2M$ pour pallier les difficultés du marché des matières recyclables.

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