Josie Desmarais/Métro Sylvain Ouellet

Montréal estime avoir réussi à traiter environ 99,9% des eaux acheminées dans ses égouts en 2018, et ainsi être parvenu à en déverser moins dans le fleuve Saint-Laurent. Avec trois nouveaux bassins de rétention en construction et deux autres sur la planche à dessin, la Ville croit pouvoir faire encore mieux en 2019, malgré le défi constant des changements climatiques.

«En termes d’impacts socio-économiques, on n’a pas le choix de se garder la possibilité de déverser s’il le faut, mais par contre, on essaie le plus possible de trouver d’autres solutions», a expliqué à Métro le responsable des infrastructures de l’eau à la Ville de Montréal, Sylvain Ouellet. Environ 0,1% des eaux usées doivent effectivement être rejetées d’une manière ou d’une autre, selon l’élu, qui n’a toutefois pas été en mesure de donner un chiffre précis sur le nombre de déversements dans le fleuve Saint-Laurent.

Il affirmait récemment, lors d’une séance du comité exécutif, que «le gros défi du 21e siècle, c’est la gestion des eaux usées, et particulièrement des eaux pluviales».

D’ici les prochains mois, l’élu compte sur les bassins de rétention William, Lavigne et Rockfield – tous en chantier – et sur les bassins Saint-Thomas et Leduc, qui en sont à l’étape de la conception, pour mieux stocker les eaux usées, et ainsi diminuer la fréquence des déversements.

«Oui, on pense pouvoir augmenter nos capacités avec ces nouvelles infrastructures, mais c’est sûr que d’atteindre le 100%, la perfection, ce sera difficile. Il y a toujours des pluies trop intenses pour le réseau.» – Sylvain Ouellet, élu responsable des infrastructures de l’eau

Chaque nouvelle infrastructure aura un but précis, promet M. Ouellet. «Rockfield permettra d’éviter de rejeter [l’eau] continuellement dans le canal, et il développera l’est du secteur, envisage-t-il. William, lui, viendra supporter le développement massif dans Griffintown. Ça aura un impact local et régional.»

Malgré tout, les défis environnementaux s’accumulent, ce qui peut freiner les avancées, selon lui. «Même une fois ces infrastructures construites, les pluies deviendront plus intenses en raison des changements climatiques qui s’accélèrent. Ça devient un problème dans la mesure où une pluie très abondante est difficile à gérer», a avancé celui qui est aussi vice-président du comité exécutif.

Jointe par Métro, la porte-parole du comité exécutif Laurence Houde-Roy a précisé que «d’autres infrastructures doivent être construites pour mieux gérer les eaux pluviales lors de grandes averses, afin de faire respirer un peu le réseau». «On pense notamment aux «water squares» [qui permettent de stocker temporairement les eaux de pluie], mais également à éviter de construire des stationnements en asphalte», a-t-elle ajouté.

Une usine d’ozonation dans l’impasse
Devant initialement ouvrir ses portes à la fin de 2018, le projet de l’usine de désinfection des eaux à l’ozone dans Rivière-des-Prairies se trouve dans l’impasse. Un «problème technique» décelé par l’équipe de projet a mis le chantier en suspens, avait annoncé la Ville en novembre.

«Je ne peux pas vous parler de ce problème puisqu’on ne voudrait pas influencer le marché. Mais je peux vous dire que l’ozoneur est déjà acheté, que les équipements sont en construction et que l’excavation est déjà réalisée», a rapporté Sylvain Ouellet.

«On est en train d’évaluer tout ça, on pense avoir des solutions qui fonctionnent vraiment», a-t-il ajouté.

Refusant de se prononcer sur une date d’ouverture, M. Ouellet a toutefois assuré que la Ville ira «incessamment» en appels d’offres pour livrer le projet «aussitôt que possible».

Quand le projet d’usine d’ozonation sera concrétisé, celui-ci permettra de réduire les risques pour la santé humaine, de protéger la faune et la flore aquatique et de rétablir la qualité de l’eau après la désinfection des eaux usées et leur retour dans le fleuve.

Pour mieux faire avancer les projets de manière générale, Sylvain Ouellet et son équipe veulent entamer en 2019 une réforme complète de la politique sur la gestion de l’eau à la Ville de Montréal. «Ça fait longtemps qu’elle n’a pas été revue, et ses normes sont basées sur des données assez désuètes, surtout en termes de précipitations et de quantité d’eau», note le conseiller.

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