Philippe-Vincent Foisy/Métro

Abaissement inopiné et précipité d’un réservoir et défaillance technique d’une pompe, ces deux incidents simultanés, lors des travaux de modernisation de l’usine d’eau Atwater, ont forcé les Montréalais à faire bouillir leur eau pendant 36 heures le 22 mai, a expliqué jeudi le directeur général de la Ville de Montréal, Robert Lamontagne.

«Aucune faute professionnelle n’a été répertoriée au cours de l’enquête», a ajouté le maire Michael Applebaum, précisant qu’isolés, ces évènements n’auraient eu aucune conséquence grave.

C’est en voulant insérer deux nouvelles étapes dans le traitement de l’eau à l’usine, l’ozonation et les rayons ultraviolets (voir graphique plus bas), que la Ville a abaissé le niveau du réservoir no2. Le niveau du réservoir no1 a toutefois aussi baissé, sous le seuil critique. La pompe électrique ne s’est pas arrêtée, pompant de l’air ce qui a agité les particules dans le fond du réservoir qui ont troublé l’eau, déclenchant un avis d’ébullition.

Il s’est toutefois voulu rassurant indiquant que la contamination de l’eau n’a jamais dépassé des niveaux dangereux et qu’aucun équipement n’a été brisé.

Depuis quatre ans, plus de 150 M$ ont été investis pour des travaux de modernisation de l’usine de traitement Atwater, l’une des plus grandes et des plus vieilles au pays.

Le maire Michael Applebaum a d’ailleurs annoncé la mise sur pied d’un comité d’experts pour analyser les causes et trouver des solutions afin que l’incident du 22 mai dernier «ne se reproduise jamais». Les employés recevront une nouvelle formation afin qu’ils apprivoisent les nouveautés dans le système et la surveillance «serait augmentée la nuit et les week-ends.»

Un autre groupe établira une meilleure façon de communiquer les informations à la population.

À ce sujet, la chef de Vision Montréal, Louise Harel propose notamment de considérer la possibilité de créer un partenariat avec les compagnies de téléphonie pour que les gens soient informés plus directement.

Selon elle, les employés devront être mieux formés et encadrés pour pouvoir adéquatement travailler avec les nouvelles technologies.

Des précisions

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron,  s’est attaqué de front à l’administration Applebaum qu’il a qualifiée de «désemparée».

«Une chance que ce n’était pas une crise de l’ampleur du verglas, a-t-il dit. Personne n’a assumé politiquement ce qui a augmenté le niveau d’inquiétude de la population.»

«Insulté» de n’avoir eu qu’un communiqué de presse, il a réclamé au maire Applebaum un rapport détaillant la séquence des évènements et les mesures correctives adéquates qui doivent être mises en place.

Eau potable usine Atwater

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