Le 6 décembre 1989, Marc Lépine a débarqué à l’École Polytechnique et a abattu 14 jeunes femmes. En appuyant sur la gachette à répétition, il a en plus affligé psychologiquement et physiquement de nombreux hommes et femmes présents. La communauté universitaire a été secouée, de même que tout le Québec.

Au lendemain de la tuerie, plusieurs questions ont été soulevées. La violence faite aux femmes, le contrôle des armes à feu et la place des femmes dans des métiers non traditionnels pour elles ont tous fait l’objet de réflexions pour que «plus jamais» un tel carnage ne se reproduise. Vingt ans plus tard, qu’en est-il de cette promesse que la société s’est faite? 

Vingt ans plus tard, la violence faite aux femmes est toujours présente. Selon la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, l’année 2009 a été particulièrement meurtrière. «Au Canada, une femme est tuée à toutes les semaines par un ex-conjoint», rapporte-t-elle. Malgré tout, Mme Con­radi se réjouit de constater que les femmes dénoncent plus rapidement des actes de violence, mais selon elle, cela ne témoigne pas qu’il y en a nécessairement moins.

Par ailleurs, la présidente de la Fédération des femmes du Québec souligne que les services policiers ont changé leur conception de la violence. «Avant, les conjoints avaient le droit de violer leur femme, relate-t-elle. C’est illégal aujourd’hui. Avant, les agressions physiques et sexuelles envers les femmes, dans un rapport de couple, étaient vues comme une affaire de mÅ“urs. Aujourd’hui, ce sont des voies de fait.»

Des initiatives

Pour freiner cette violence, plusieurs initiatives ont été prises au fil des ans. Le registre des armes est sans doute le plus connu (voir autre texte). À une échelle locale, des petits organismes ont aussi tenté de changer le monde. L’expo­sition Vingt ans d’action après le 6 décembre, présentée au Centre d’exposition de l’Université de Montréal, retrace plusieurs de leurs projets. «On a essayé de faire un survol et de montrer que tout le monde travaille à améliorer la situation», explique la coordonnatrice de la diversité de l’université, Andrée Labrie. Par exemple, le Comité d’aide aux femmes sourdes du Québec fait des campagnes de sensibilisation pour mettre fin au cycle de la violence. Le Centre de recherche et d’intervention de la violence faite aux femmes suit l’évolution des formes de violence et s’intéresse aujourd’hui particulièrement à celle qui touche les communautés culturelles.

La Bourse du 6 décembre a aussi été créée. Elle est remise chaque année à un étudiant qui travaille à prévenir la violence faite aux femmes. Cette année, c’est Sophie Magnan qui l’a reçue. La doctorante en psychologie effectue une recherche sur les effets du programme de prévention des agressions sexuelles de l’organisme Viol-Secours.

Plus de sensibilisation
Vingt ans après la tragédie de Polytechnique, la violence fait aux femmes existe toujours et la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, en est bien consciente. Elle sait toutefois que davantage de campagnes de sensibilisation sont organisées aujourd’hui qu’il y a vingt ans. «Il y en avait, mais pas beaucoup, se rappelle-t-elle. [La tuerie à la Polytechnique] a réveillé beacoup de monde.» La dernière campagne, initiée par Christine St-Pierre et dont le porte-parole est Patrice Robitaille, s’attarde à la violence conjugale.

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