Philippe-Vincent Foisy/Métro Le président des Fermes Lufa, Mohamed Hage, observe les tomates qui se retrouveront dans les prochains paniers de légumes.

Les toutes premières graines de légumes seront plantées vendredi matin dans la nouvelle serre des Fermes Lufa construite sur le toit d’un nouvel immeuble commercial situé aux angles des autoroutes 440 et 13, à Laval.

Cette serre, la deuxième de la compagnie et la troisième dans le monde (une autre serre à vocation commerciale a été construite sur un toit new-yorkais), permettra aux Fermes Lufa de doubler leur production tout en réduisant leurs dépenses énergétiques. Une fois et demie plus grande que la première serre, construite à Ahuntsic, au nord de l’autoroute métropolitaine, elle consommera 33% moins d’énergie.

Partie intégrante de l’immeuble, puisqu’elle a été érigée au moment de sa construction, la serre occupera la totalité du toit. «Tout ce qu’on a appris avec notre serre de Montréal, on l’a amélioré à Laval, explique Mohamed Hage, le président de l’entreprise qui a récemment soufflé ses trois bougies. Le fait de l’avoir construite à même le bâtiment permet une meilleure isolation et une meilleure récupération de l’eau de pluie. D’ailleurs, elle sera pressurisée, ce qui nous aidera dans notre combat contre les insectes extérieurs.»

Selon lui, il sera ainsi plus facile de produire des légumes sans pesticide et sans insecticide.

Agriculture 2.0
Toutes les opérations seront gérées au moyen d’ordinateurs, d’iPad et de caméras à partir du centre d’opération d’Ahuntsic. Seulement quatre employés oeuvrent dans la serre, mais toutes les décisions scientifiques, comme ajouter des insectes ou cueillir une quantité précise de tomates par plants, émaneront de Montréal. «Lorsque nous aurons des serres à Shanghai, on pourra gérer la production comme ça aussi», lance M. Hage, enthousiaste.

La construction lavalloise, qui a pris plus d’un an à réaliser, notamment en raison des modifications nécessaires aux règlements de zonage et aux normes de construction, permettra à 10 000 Montréalais, Lavallois, et Longueuillois de consommer des tomates, concombres, laitues et autres légumes toute l’année. M. Hage promet d’ailleurs que dans deux mois, davantage de points de collecte ouvriront à Longueuil.

Avec ses quelque 40 nouveaux abonnés chaque jour, il croit que son entreprise va continuer de croître et qu’un jour, le grand Montréal pourra être autosuffisant en légumes et en fruits. «Le promoteur de l’immeuble où se trouve notre serre lavalloise, Montani, construit chaque année pour 2 millions de pieds carrés de bâtiments commerciaux. Si on construisait une serre sur chaque toit, la ville serait autosuffisante en 10 ans», soutient-il.

De façon plus réaliste, il croit que l’autosuffisance prendra une vingtaine d’années. «On est à la merci des promoteurs», explique le président, qui a dû retarder d’un an l’érection d’une troisième serre qui devait voir le jour à Montréal en 2013. Il n’a toutefois pas voulu donner davantage de détails sur son futur emplacement.

Exporter le concept
La serre de Laval, une version plus mature de ce à quoi aspire M. Hage, devrait donner les coudées franches à l’équipe de développeurs qui tentent d’ériger une nouvelle serre à Boston. «Notre prochaine étape, c’est de démontrer que ça fonctionne bien à l’extérieur de Montréal. Ensuite, nous serons en mesure de l’exporter sous un modèle qui ressemble à celui des franchises», ajoute-t-il.

La table sera alors mise pour une expansion nord-américaine d’ici deux ans. Il serait toutefois peu probable de voir pousser ces serres en grande quantité sur l’île de Montréal, estime M. Hage. C’est pourquoi les Fermes Lufa se tournent vers Laval «où les choses se passent» en terme de construction d’édifice.

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