La Société de vélo en libre-service (SVLS) BIXI s’est mise, lundi matin, sous la protection de la Loi sur faillite.

Ses dirigeants ont pris cette décision puisqu’ils n’ont pas été en mesure de faire les derniers paiements destinés à rembourser le prêt que leur a consenti la Ville de Montréal, en 2011.

Près de 37M$ avaient été prêtés à la SVLS par la Ville. Elle lui avait aussi offert une garantie de prêt de 11M$. Le solde du prêt s’élève aujourd’hui à 31,6M$ et près de 6,4M$ ont été engagés en crédit. Montréal a avisé BIXI la semaine dernière qu’elle était prête à se prémunir de ses garanties pour obtenir son dû.

«Il n’est pas question d’injecter une somme supplémentaire dans BIXI, a affirmé le maire de Montréal, Denis Coderre. S’il y a une chance de sauver BIXI, c’est par la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.»

En plus du prêt de la Ville de Montréal, la SVLS a une dette de près de 5M$ envers divers créanciers. Son déficit d’opération pour l’année 2013 atteint environ 1,5M$.

Le président-directeur général de BIXI, Michel Philibert, attribue ces difficultés financières au développement laborieux d’un nouveau logiciel d’opération, ce qui a fait en sorte que des villes comme New York et Chicago n’ont pas acquitté la totalité de leur facture. Environ 5,6M$ n’ont pas été payés à la SVLS.

La décision de Bixi de se mettre sous la protection de la Loi sur la faillite a pour effet de sécuriser ses actifs, évalués à environ 11M$ à Montréal, et à assurer l’exploitation de la SVLS à Montréal l’été prochain.

M. Coderre a promis que les Montréalais pourront se déplacer en BIXI pendant la prochaine saison estivale, mais il n’a pas voulu s’engager à long terme.

«Je souhaite que BIXI fonctionne, mais je dois aussi prendre mes responsabilités pour les contribuables montréalais», a-t-il dit.

Le chef de Projet Montreal, Richard Bergeron, croit de son côté que l’aventure BIXI se poursuivra au-delà de 2014. «Il n’y a pas de raison pour que BIXI s’arrête, a-t-il insisté. Les vélos sont solides. Les bornes aussi. Il y a encore une durée de vie à ce matériel qu’on aura payé quand on va s’en sortir.»

M. Bergeron appuie la position du maire Coderre. Il a reproché à l’ancien maire, Gérald Tremblay, d’avoir adopté une approche commerciale dans ce projet sans que cela ne rapporte aucun profit.

Bien qu’elle soit maintenant sous la protection de la faillite, BIXI veut toujours vendre son volet international. Un acheteur qui s’était manifesté avant Noël s’est désisté après avoir évalué la situation financière de l’organisation. Qui plus est, la SVLS est toujours en conflit avec la boîte 8D Technologies, qui est à l’origine du premier logiciel d’exploitation de la société de vélo en libre-service.

Bixi en chiffres

  • 37 000 vélos
  • 15 villes
  • 2 campus universitaires

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