Quelques milliers d'étudiants ont une fois de plus manifesté contre la hausse des droits de scolarité mardi à Montréal.

Des étudiants ont proposé mardi des solutions financières pour pallier la hausse des droits de scolarité.

«Le gouvernement veut aller chercher 265 M$ dans les poches des  étudiants en augmentant les frais de scolarité, déclare Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Mais d’autres solutions existent pour financer nos universités.»

Le syndicat cégépien propose de rogner sur les marges des budgets universitaires. Suivant ses calculs, ces économies permettraient de récolter 170 M$, soit 74 % de la participation étudiante au plan de financement. Pour trouver les 26 % restants, Léo Bureau-Blouin propose d’augmenter de 0,5 % le taux actuel d’imposition des grandes entreprises et de réinstaurer la taxe sur le capital à hauteur de 0,06 %. Cette loi avait été abrogée en janvier 2011.

«Cette voie, privilégiée par les étudiants, est loin d’être mauvaise, car c’est le développement économique du Québec qui est en jeu aujourd’hui», a commenté Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui soutient désormais officiellement la grève illimitée. La Confédération des syndicats nationaux (CSN) défend elle aussi le mouvement étudiant.

La Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui appuie la proposition de la FECQ, propose également l’instauration de 10 paliers d’imposition au lieu des 3 échelons actuels.

«Une chose est sûre, si les étudiants doivent faire leur part, les entreprises ne sont pas en reste et elles devront participer financièrement à la formation de leurs futurs employés», a affirmé Jeanne Reynolds, porte-parole de la CLASSE.

En tournée près d’Alma, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) est lui aussi revenu sur ces alternatives. «Des solutions au financement public de l’éducation existent, a déclaré Daniel Boyer. Des présentations en ce sens ont été faites au ministre Bachand lors des consultations prébudgétaires et il n’en tient qu’a lui d’engager les négociations.»

Pour le moment, le ministère des Finances n’a pas souhaité commenter les propositions étudiantes.

«Une crise politique»
Quelques milliers d’étudiants ont manifesté mardi pour exprimer une nouvelle fois leur opposition au projet gouvernemental d’augmentation des frais de scolarité.

Le cortège, parti vers 13 h 30 du square Victoria, avait pour thème la lutte pour un meilleur accès à l’éducation à travers le monde. Les grévistes ont d’ailleurs reçu le soutien officiel de plusieurs syndicats étudiants européens.

«Plus d’un étudiant québécois sur quatre est en grève, on vit désormais une vraie crise politique», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE.

Près de 140 000 étu­diants sont présentement en grève générale et illimitée. Si la manifestation s’est déroulée sans perturbations, quelques échauffourées entre la police et un groupe d’agitateurs ont eu lieu en marge du rassemblement.

Un spectacle pour la cause
Le Métropolis accueillera le 22 mars un grand concert de soutien aux étudiants.

  • Paul Piché, Dan Bigras, Martin Léon, Chloé Sainte-Marie, Jérôme Minière, Tomas Jensen, les Zapartistes, Paul Ahmarani, Ivy, Nomadic Massive, Jean-Fançois Lessard et Manu Militari sont attendus pour l’occasion.

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