Daphné Caron/Urbania Mikaël Theimer et Samuel V. Rocheleau

Mikaël Theimer, Samuel V. Rocheleau et Thibault Caron (absent sur la photo) ont tout largué pour croquer le portrait de leurs concitoyens et recueillir leur histoire.

En quoi consiste votre projet?
On se balade dans les rues de Montréal, on discute avec les gens, on prend leur photo et on publie leur histoire sur notre site. Samuel fait la même chose, mais en vidéo. On fait beaucoup de small talk quand on s’adresse à des étrangers, mais nous, on essaie d’avoir des conversations plus profondes, d’amener les gens à se révéler.

D’où vous est venue cette idée?
On s’inspire du site Humans of New York, de Brandon Stanton. Brandon a travaillé dans la finance pendant des années, et sa seule préoccupation était l’argent. Quand il a perdu son emploi, il s’est rendu à New York avec un appareil photo. Il cherchait à faire quelque chose où l’argent était la moindre des préoccupations. Le livre qu’il a tiré de son projet est maintenant un best-seller, mais à la base, ce n’était pas mercantile.

Vous, vous avez quitté vos emplois. Espérez-vous pouvoir gagner votre vie comme ça?
Ça serait facile à rentabiliser, mais pour l’instant, on ne cherche pas à faire de l’argent avec ça. Tout ce qu’on veut, c’est rencontrer des gens, et ça nous fait du bien. C’est thérapeutique, autant pour nous que pour ceux qui nous racontent leur histoire. Le charme de ce projet, c’est que, si tu te promènes dans la rue avec tes écouteurs la tête penchée, tu n’as aucune idée de ce que la personne à côté de toi a vécu ou de ce que tu pourrais apprendre de cette personne-là.

Combien de personnes avez-vous rencontrées jusqu’à maintenant?
Ça fait un mois seulement qu’on fait ça, et on a 97 portraits sur notre site. On fait ça à temps plein. Dès qu’il fait beau, on sort avec nos caméras pour rencontrer des gens.

Est-ce que les gens sont réceptifs?
Oui. Comme dans toutes les grandes villes, on a parfois le sentiment que les gens ne veulent pas être sollicités, mais souvent, c’est juste une façade. Au pire, ils disent non, et ce n’est pas plus grave que ça.

Comment faites-vous pour choisir vos interlocuteurs?
On essaie de ne pas avoir de critères, parce qu’on ne sait jamais qui peut avoir une histoire intéressante à raconter. C’est sûr que, visuellement, si quelqu’un a des cheveux colorés ou se distingue physiquement, on est naturellement portés à prendre sa photo. Et on essaie d’avoir un bon ratio gars-filles, même si, au début, on avait peur d’être plus gênés avec les filles!

Portraitsdemontreal.com

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