Collaboration spéciale Passionnée de tornades, Jolyane Limoges passe ses vacances à leur poursuite.

Fascinée par les orages, une infirmière du CLSC de Montréal-Nord passe ses vacances à risquer sa peau en pourchassant des tornades.

Jolyane Limoges est l’une des très rares femmes à chasser les tornades. Pour assister aux spectacles dévastateurs de ces monstres de vent, la Nord-Montréalaise de 33 ans investit tout son argent et ses temps libres à parcourir les plaines nord-américaines.

«La chasse, c’est la pure liberté. J’ai peur à chaque fois, mais comme tout le monde, je suis fascinée par les choses mortelles», explique la passionnée, qui ne vit que pour son sport extrême.

Une passion inassouvie
Depuis qu’elle est petite, Mme Limoges a toujours été fascinée par les tornades. La jeune femme aux prises avec un problème important de poids n’aurait jamais cru qu’elle pourrait un jour réaliser son rêve de chasser les géants de vent. Elle se contentait alors de regarder des vidéos de tornades sur internet.

Après avoir subi une opération qui lui a redonné la santé, en 2013, Mme Limoges n’a pas perdu une seconde. À bord de sa petite Toyota Yaris, elle a foncé, sans radar et sans connaissance, vers le cœur d’une tornade d’une largeur de 3 km, à Moore, en Oklahoma.

«Je n’avais aucune idée de ce que je faisais! J’ai vu une grosse tornade alors, j’ai roulé dans cette direction-là. Il y avait de gros grêlons qui tombaient et qui brisaient mon auto. Je me suis mis à crier, j’avais peur, mais j’aimais ça», raconte Mme Limoges, qui déconseille aux chasseurs en herbe de suivre son exemple.

Après avoir diffusé une vidéo de sa première expérience sur internet, plusieurs chasseurs vétérans l’ont contactée pour la prévenir qu’elle pouvait s’estimer chanceuse d’avoir survécu.

Cette expérience lui a toutefois ouvert des portes puisque les chasseurs James Menzies de Channel 9 et David Drummond de Channel 11 l’ont invitée à bord de leur véhicule.

«Les gens m’ont dit que j’étais folle, mais c’est tout de même grâce à ça que je le fais maintenant», affirme Mme Limoges.

Partager sa passion
C’est en poursuivant les tornades que Mme Limoges est tombée amoureuse d’un homme qui partage sa passion.

Depuis, le couple économise toute l’année en prévision de la saison de chasse. Cette année, ils ont passé six semaines en Oklahoma, un voyage qui leur a coûté 5000$ chacun.

Le couple a également investi dans l’achat d’un Nissan Xterra spécialement modifié. Ce véhicule utilitaire sport est muni de vitres en Lexan pour absorber les gros impacts, de grillages sur le toit et de nombreux instruments de mesures météorologiques, dont des radars.

«On s’est rendu compte que c’était trop dangereux avec la voiture. Nous avons été coincés cet automne dans des vents de 196km/h et l’auto n’avançait pas. Même le gros camion avait tendance à être soulevé par le vent», raconte Mme Limoges.

Ce nouveau véhicule a permis au couple de diminuer les frais de ses expéditions en embarquant un passager qui défraie une partie des coûts. Mme Limoges caresse d’ailleurs le rêve de quitter la monotonie de son travail d’infirmière pour se consacrer uniquement à la chasse.

Elle voudrait organiser des voyages de groupes pour conduire des touristes québécois au cœur de la tempête. Ce type d’excursions existe déjà aux États-Unis et coûte environ 3000$ pour une semaine.

Mme Limoges estime que 2000 personnes chassent les tornades et la popularité de cette activité inusitée est grandissante.

Chasse à la tornade au Québec
Bien que les tornades soient beaucoup moins fréquentes au Canada, et encore plus rares au Québec, la belle province compte aussi sa petite communauté d’adeptes. Ils sont regroupés dans deux groupes: Xtrem Chase Québec et Québec Vortex.

«Au Québec, c’est beaucoup plus sécuritaire de chasser les tornades, mais il faut faire attention aux nombreux arbres», explique Jolyane Limoges.

La chasseuse déplore toutefois le manque de précision d’Environnement Canada dans la prédiction des tornades.

«Parfois, nous les appelons pour dire qu’il y a une tornade et ils ne nous croient pas. Pourtant, la tornade est devant nous», raconte Mme Limoges.

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