Carlos Hernandez/monscoop@journalmetro.com

Le conflit étudiant au Québec a traversé les frontières de la province depuis qu’un grand nombre de médias étrangers le relaye. Métro s’est entretenu avec Mélanie Joly, directrice associée du cabinet de relations publiques Cohn & Wolfe et spécialiste de l’image, pour connaître l’impact d’une telle couverture médiatique.

La presse internationale s’est faite discrète durant une bonne partie de la grève étudiante. Quel a été le déclic qui a provoqué un tel engouement?
C’est comme une goutte médiatique qui fait de plus en plus de cercles sur un étang international. Nos journalistes parlent beaucoup de la grève, puis le reste du Canada s’y est mis. Les Américains et les Français ont suivi, et ainsi de suite. Et puis les correspondants des grands médias étrangers ont aussi beaucoup écrit. Pour le reste, la réalité du web a été cruciale avec les réseaux sociaux et la fluidité de l’information.

Comment Montréal est-elle perçue à l’étranger depuis que la couverture médiatique s’est internationalisée?
On présente Montréal comme l’une des villes où il y a un soulèvement de la jeune population. C’est un phénomène qui s’était amorcé avec le mouvement Occupy et qui a touché un bon nombre de villes. Ça reste cependant une image de violence et d’insatisfaction, voire d’instabilité politique qui ressort. La couverture médiatique se focalise plutôt sur les extrêmes et la violence. On est loin de l’image véhiculée par l’Expo 67. C’est le côté sensationnaliste du conflit qui a pris ces proportions internationales. Pourtant, un lecteur avisé peut voir un changement générationnel derrière cette couverture.

L’image de Montréal va donc en être ternie?
Je ne pense pas que les étrangers croient que Montréal est à feu et à sang. C’est quand même positif au niveau de la notoriété, car il faut reconnaître que d’un point de vue international, on ne parle pas tellement de Montréal. Au niveau touristique, c’est pareil. Si les touristes vont peut être se faire plus discrets cet été, ou moins nombreux, ils reviendront en force dès l’an prochain.

Selon vous, est-ce que l’attention des médias internationaux va perdurer?
Une mauvaise nouvelle en chasse une autre. Si un cataclysme a lieu demain, les rues de Montréal seront vite oubliées. Il faut quand même relativiser, le conflit étudiant ne fait pas non plus le front line de CNN tous les soirs! Si on sonde un Américain ou un Français moyen, il y a peu de chance qu’il sache ce qui se passe dans les rues de Montréal.

Revue de presse internationale
Mercredi, le conflit étudiant québécois était à la une du journal Métro-Paris. Et il n’était pas le seul quotidien à en faire ses gros titres. La presse internationale a consacré de nombreux articles à la manifestation qui a réuni plus de 100 000 personnes, mardi à Montréal. Les chaînes de télévision Al Jazeera, BBC, CNN ou encore la télévision publique belge ont multiplié les reportages présentant ce qui se passe dans les rues montréalaises.

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