Collaboration spéciale Un des organismes communautaires qui, en novembre 2014, avaient fermé leurs portes pendant 225 minutes pour symboliser les 225 M$ supplémentaires qu’ils jugeaient nécessaires afin de combler leurs besoins en financement.

Plus de 1100 organismes communautaires au Québec, dont environ 250 à Montréal, participeront lundi et mardi à une mobilisation pour dénoncer leur sous-financement et les compressions dans les services publics.

Des maisons des jeunes, des centres d’aide aux nouveaux arrivants, de l’hébergement pour jeunes en difficulté, des organismes de défense des droits de personnes vulnérables et des ressources de prévention des ITSS sont parmi ceux qui fermeront leurs portes ou cesseront partiellement leurs activités pendant une ou deux journées. Seuls les services essentiels offerts par certains organismes seront maintenus.

Une manifestation se tiendra également devant les bureaux du premier ministre du Québec à Montréal mardi après-midi.

«Les organismes subissent les compressions dans les services publics de plein fouet parce que les gens se tournent davantage vers le privé et le communautaire. Ils ne sont pas capables de répondre à la demande», a exposé Kim De Baene, responsable des communications à la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles.

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Cliquez sur les catégories et choisissez les coupures qui vous touchent. À partir des données de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, Métro a recensé près de 200 mesures d’austérité, représentant environ 1,8 milliard de dollars de compressions budgétaires. Si vous êtes sur mobile, pivotez votre appareil dans le sens de la largeur.

Les organismes participants, qui oeuvrent en santé et services sociaux, en défense de droits et en soutien aux familles, revendiquent que tous aient droit minimalement à une indexation de leur financement à travers le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) et ceux du Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS), pour couvrir l’augmentation des coûts de fonctionnement. Par ailleurs, les organismes en santé et services sociaux jugent que l’écart entre les besoins financiers et les sommes reçues par les organismes est d’au moins 225 M$ par année.

En 2015-2016, le financement du PSOC a été indexé de 1%, pour atteindre 529 M$. «Je trouve ça triste et inacceptable. Dans les années 1990, les augmentations moyennes étaient de 13% par année, ce qui a contribué à réduire le penchant vers l’hospitalo-centrisme», a commenté Yves Vaillancourt, professeur à l’École de travail social de l’UQÀM.

De son côté, la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois, estime qu’elle protège et défend le financement des organismes en santé et services sociaux dans le contexte budgétaire actuel.

Une Commission populaire
Une dizaine de regroupements d’organismes communautaires montréalais témoigneront lundi devant une commission populaire dont l’objectif de brosser le portrait des divers problèmes auxquels ils se heurtent dans le contexte d’austérité actuel.

Le Mouvement PHAS (Personnes handicapées pour l’accès aux services) présentera notamment un mémoire rapportant les conséquences pour ses membres.

L’Association des parents pour la déficience intellectuelle et les troubles envahissant du développement (APDITED), qui est membre du Mouvement, remarque une forte hausse des demandes de parents à la recherche de services spécialisés qu’ils trouvent moins à l’école de leurs enfants.

«Le téléphone sonne à la journée longue et les problématiques sont compliquées. On est deux pour faire le travail de quatre, a jugé Isabel Molliet, coordonnatrice de l’APDITED, expliquant que son organisme a pour mission d’aider les parents dans leurs démarches pour obtenir des services adéquats. La présidente de notre association doit animer de façon bénévole l’atelier qu’on fait avec les parents pour les outiller.»

Autisme Montréal, de son côté, a dû couper du personnel de son camp d’été. Les listes d’attente s’allongent pour les services offerts par l’organisme, comme une maison de répit de fin de semaine et un camp de Noël.

«On a une équipe réduite au minimum, affirme de son côté Johanne Cooper, directrice générale de la Maison Tangente, qui travaille à la réinsertion sociale de jeunes en difficulté. Les gens sont fatigués, ils tombent malades. On est constamment en recrutement en formation. C’est du temps qui n’est pas donné adéquatement à nos services.»

«C’est important de faire un bilan de l’impact des coupures sur les groupes communautaires et de rendre compte de l’utilité de ces groupes auprès du gouvernement», a pour sa part commenté Michel Parazelli, commissaire et professeur à l’école de travail social de l’UQAM.

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