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Le TAZ a été racheté par la Ville de Montréal alors que l’organisme qui en était le propriétaire est au bord de la faillite. La transaction est évaluée à 4,3 M$, dont 2 M$ proviennent du budget de la Ville et 2,3 M$ d’une subvention du gouvernement du Québec.

Anciennement situé sur les lieux de la Grande bibliothèque, le TAZ a été démantelé en 2001, puis déménagé dans le quartier Saint-Michel grâce à des subventions de 10 M$. L’organisme sans but lucratif offre un roulodrome surtout utilisé par les jeunes pour la planche à roulettes.

Selon la responsable des Sports au comité exécutif de la Ville de Montréal, Manon Barbe, 43 000 personnes ont fréquenté le TAZ en 2011, soit 10 % de plus que l’année précédente.

«Ce n’est vraiment pas facile ces temps-ci pour obtenir des commandites. L’annonce de la Ville est une très bonne nouvelle pour l’avenir du TAZ.» – Michel Comeau, directeur général du TAZ

Montréal justifie sa décision de rachat par trois raisons. D’abord, il s’agirait du plus grand centre de ce type dans le grand Montréal. Également, la Ville avait investi 2,5 M$ dans le déménagement du TAZ. Advenant une faillite, Montréal aurait perdu cet investissement initial. Enfin, Mme Barbe croit qu’il est dans la mission de la Ville de contribuer à ce genre d’infrastructure.

«Au même titre qu’une piscine ou qu’un terrain de soccer, la Ville de Montréal avait un devoir d’intervenir», a plaidé Manon Barbe lors d’un point de presse jeudi à l’hôtel de ville de Montréal.

Mme Barbe a admis que la Ville s’était retrouvée «dans une situation difficile et complexe» après avoir investi autant d’argent. Elle souhaite désormais créer un pôle sportif près du TAZ avec la construction d’un terrain de soccer intérieur et l’aménagement d’un parc.

«Une bêtise inouïe»
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, fustige la décision de racheter le bâtiment du TAZ à même les fonds publics. «C’est le dernier endroit où je voudrais envoyer mon ado», a déclaré M. Bergeron à Métro en faisant référence à la localisation du centre.

Au coin de Papineau et de Émile-Journault, près de l’autoroute métropolitaine, le TAZ est le pire endroit pour accueillir les jeunes, selon M. Bergeron. Il remet également en doute la fréquentation évaluée à 43 000 par la ville. «Je passe souvent et c’est presque vide, affirme-t-il. Lorsque le TAZ était à son ancien emplacement, plus de 55 000 jeunes participaient aux activités.»

Dans une lettre ouverte datant de 2006, M. Bergeron prédisait l’échec financier du TAZ en soulignant que «Montréal aura un nouvel éléphant blanc sur les bras». Il rappelle qu’en plus des subventions pour l’infrastructure, la Ville a accordé 1,5 M$ l’an dernier pour les opérations de l’organisme. Comme il le proposait à l’époque, Richard Bergeron demande d’installer le TAZ et les nouvelles infrastructures sportives au Parc olympique.

Pour sa part, Vision Montréal demande au Vérificateur général d’enquêter sur l’argent investit par la Ville depuis 2001. «On parle d’argent public, on ne joue pas au Monopoly», a déploré la mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Anie Samson.

Mme Samson exige également un appel d’offre public pour la gestion du TAZ plutôt que de confier par défaut l’administration au même groupe qui était sur le point de déclarer faillite avant le rachat par Montréal.

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