Collaboration spéciale Cet été une partie du pipeline offerte aux intempéries avait été découverte par des citoyens en Montérégie.

Une portion du pipeline Trans-Nord, qui alimente l’aéroport Montréal-Trudeau, n’est accidentellement plus enfouie dans le sol, déplore l’organisme Les Citoyens au courant.

«C’est lors d’une randonnée dans un secteur boisé de Saint-Lazare [à l’ouest de Montréal] que les résidants du secteur ont découvert la section de l’oléoduc dans un ravin […] Visiblement, au fil du temps, l’écoulement de l’eau a érodé le sol qui recouvrait l’oléoduc et l’a exposé», note l’organisme qui se questionne sur l’efficacité des inspections de l’entreprise.

Un affluent à proximité du ruisseau Paiement est possiblement à l’origine de l’érosion du sol et à l’exposition de l’oléoduc aux intempéries. Il se jette dans la rivière des Outaouais 5km plus loin. Une pollution majeure de cette dernière pourrait mettre à mal l’approvisionnement en eau des résidants du Grand Montréal, comme on l’a déjà souligné dans le cas du projet de pipeline Énergie Est de TransCanada, résume Guy Coderre, enseignant au Centre national de formation en traitement de l’eau.

Le débit dans le pipeline Trans-Nord est 6 fois moins important que le projet de pipeline de TransCanada, mais il permet néanmoins de transporter 27,5 millions de litres de produits pétroliers par jour.

Un reportage de Métro, publié en février 2016, avait révélé des problèmes de maintenance sur ce pipeline construit en 1952. Joint d’étanchéité datant de 1972 ayant cédé, corrosion du pipeline au niveau de Montréal Est, employé en soudure non qualifié, surpression supérieure aux normes non détectées: telles sont quelques-unes des défaillances, totalisant des fuites de 200 000 litres de carburant, constatées par l’Office national de l’énergie (ONÉ), l’organisme fédéral responsable des pipelines au pays.

«Malgré le discours rassurant des exploitants d’oléoduc et de l’ONÉ en regard du suivi exercé, force est de constater qu’aucune patrouille terrestre n’a eu lieu dans ce secteur boisé de la municipalité de Saint-Lazare au cours des dernières années. Les déplacements de sol par érosion ou les glissements de terrain sont pourtant une cause connue de bris d’oléoduc», a déclaré Luc Falardeau, des Citoyens au courant.

Sylvie Rozon, une voisine du secteur, indique avoir avisé l’entreprise. «On m’a répondu que ce n’était pas une fuite, juste un tuyau dénudé et que des inspecteurs passeraient jeudi, mais j’aimerais bien avoir des réponses : quels sont les risques et c’est quand la dernière fois que quelqu’un est venu sur le terrain inspecter le secteur?» se demande-t-elle.

Le pipeline Trans-Nord est responsable de 6 des 13 incidents les plus importants reliés à des pipelines au Québec depuis 2008.

Il n’a pas été possible de recueillir de commentaires de la société qui exploite le pipeline Trans-Nord. De son côté, l’ONÉ indique avoir été avisée par l’entreprise qu’elle avait dépêché un inspecteur mercredi après-midi pour sécuriser les lieux. «La situation ne présente pas de dangers immédiats pour l’environnement ou les résidants», selon Marc Drolet, porte parole de l’ONÉ qui indique que son organisation continuera à surveiller la situation.

Les citoyens doutent de la déclaration de Trans-Nord à l’ONÉ concernant la présence d’un inspecteur aussi tôt que mercredi après-midi et affirment avoir été présents sur le site une bonne partie de la journée. De plus, la propriétaire du terrain n’a pas eu de demande d’accès pour ouvrir la barrière cadenassée du chemin d’accès au boisé.

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