Les compétences des pharmaciens du Québec sont sous-utilisées, ont conclu une centaine d’acteurs de la pharmacie communautaire, réunis en «grande rencontre» lundi.

Depuis juin 2015, les pharmaciens peuvent exercer de nouvelles activités professionnelles, comme prolonger une ordonnance, prescrire des analyses de laboratoire ou un médicament pour certaines conditions mineures.

«Les nouvelles activités ne sont pas pleinement utilisées. Les patients ne les demandent pas, ils ne sont pas au courant, ils sont mal dirigés», a affirmé Jean Bourcier, directeur général de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), ajoutant qu’il serait possible de réduire les coûts du système de santé en tirant meilleur profit de ces professionnels.

Pour tenter d’améliorer la situation, l’AQPP compte lancer prochainement une campagne de sensibilisation. M. Bourcier souhaiterait également un meilleur soutien du ministère de la Santé. «Il devrait travailler de concert avec nous pour faire la promotion de nos nouveaux actes», a-t-il estimé.

M. Bourcier constate également que les difficultés économiques des pharmaciens propriétaires, qui ont consenti en 2015 à des coupes d’honoraires pendant trois ans, ont pu en empêcher plusieurs d’effectuer pleinement ces activités.

Les participants à la rencontre se sont également entendus sur l’idée de réviser la politique du médicament, qui date de 2007 et qu’ils jugent désuète, afin d’éviter de mauvaises utilisations de certains médicaments. Ils évaluent également la possibilité de mettre en place une table de concertation des représentants et partenaires de la pharmacie communautaire, afin de proposer des solutions aux problèmes de cette industrie.

De son côté, le ministre de la Santé Gaétan Barrette ne semble pas prévoir des actions pour promouvoir les rôles des pharmaciens auprès des citoyens et des autres professionnels de la santé. «Ils ont l’autonomie nécessaire pour exercer [les actes supplémentaires autorisés]», a communiqué par courriel son attachée de presse Julie White. Cette dernière affirme par ailleurs que le ministre réfléchit à la possibilité de réviser la politique du médicament.

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