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L’homme de 79 ans de Val-des-Monts accusé d’avoir mis enceinte l’une de ses propres filles à trois reprises a admis être le père et le grand-père biologique de ces enfants.

C’est ce qui est ressorti lors de la première journée de ce procès devant jury fort attendu, qui s’est ouvert lundi au palais de justice de Gatineau.

Des échantillons sanguins analysés au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal ont prouvé hors de tout doute la paternité du prévenu, qui n’a pas nié les conclusions de ces tests d’ADN effectués depuis son arrestation.

L’homme, qu’on ne peut pour l’instant nommer afin de préserver l’identité des victimes alléguées, est inculpé de trois chefs d’inceste, de deux chefs d’attentat à la pudeur et d’agression sexuelle à l’endroit de ses trois filles.

«Ce que vous entendrez sera désagréable, choquant et révoltant», a lancé comme avertissement aux huit femmes et quatre hommes jurés l’une des procureures de la Couronne au dossier, Me Nadine Piché, lors de son discours d’ouverture.

Les trois présumées victimes auraient subi les sévices sexuels de leur père de 1971 à 2004.

Les agressions auraient été perpétrées à la résidence familiale, au chalet, dans des chambres de motels, à l’intérieur d’une minifourgonnette ainsi que sur le lieu de travail du septuagénaire, soit une tour de contrôle de Global Television.

Selon la poursuite, il faisait parfois boire de l’alcool mélangé à du jus d’orange à ses filles avant de les violer.

Le tout était fait «dans un climat d’oppression et de chantage émotif», a souligné la poursuite.

Décrit comme autoritaire et manipulateur, l’accusé aurait réussi à créer un climat de peur à la maison, à la suite de la mort de sa conjointe, au point où ses filles le percevaient comme carrément invincible.

Il est incarcéré depuis son arrestation survenue en novembre 2014.

Le jury et le juge Michel Pennou de la Cour supérieure entendront un premier témoignage mardi matin. Fait exceptionnel, la dame sera accompagnée à la barre par un représentant du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels.

Selon le Code criminel, «quiconque commet un inceste est (…) passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans, la peine minimale étant de cinq ans si l’autre personne est âgée de moins de seize ans».

La première présumée victime était âgée de huit ans quand son cauchemar aurait débuté. La fillette n’avait que 13 ans lorsqu’elle a donné naissance à son premier enfant.

L’interdit prononcé par le tribunal nous empêchant de dévoiler le nom de l’accusé pourrait être levé mardi.

La sélection des 12 membres du jury a nécessité qu’une centaine de citoyens se présentent devant le magistrat, lundi matin.

Par ailleurs, le procès, qui devait au départ s’étirer sur un mois, devrait connaître son dénouement dans deux ou trois semaines, ont fait savoir les procureurs des deux parties, d’entrée de jeu lundi.

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