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Profilage racial – Le conjoint de la mairesse victime d’interpellations aléatoires

Soraya Martinez Ferrada devant les drapeaaux de Montréal et du Québec lors de son assermentation à l'hôtel de ville.
Soraya Martinez Ferrada Photo: Courtoisie - Sylvain Légaré / Ville de Montréal

Le conjoint de la mairesse Soraya Martinez Ferrada aurait aussi été victime de profilage racial, visé à répétition par des interpellations aléatoires. C’est ce qu’a indiqué l’élue sur les ondes de Radio-Canada.

Soraya Martinez Ferrada était de passage à l’émission Tout un matin vendredi. Elle a été questionnée sur les demandes d’enquête publique sur le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à la suite du démantèlement d’une équipe de patrouilleurs pour des gestes racistes.

La mairesse a écarté l’idée d’une commission d’enquête publique pour ne pas interférer avec les possibles accusations criminelles qui pourraient être déposées contre les policiers impliqués. Elle a toutefois répété son désir de voir un moratoire sur les interpellations policières aléatoires. Elle affirme que son conjoint se fait régulièrement interpellé lorsqu’il conduit, un phénomène souvent appelé driving while black («conduite en état d’être noir»).

«Mon conjoint s’est fait arrêter au volant de sa voiture facilement cinq ou six fois dans la dernière année, pour rien. Juste pour vérifier. Vérifier quoi? On ne le sait pas», a-t-elle raconté.

Cette révélation survient quatre jours après que la mairesse ait affirmé en conseil municipal qu’elle avait été elle-même victime d’interpellations aléatoires parce qu’elle est une femme racisée.

Une longue historique de blâmes

Mme Martinez Ferrada souligne que la communauté noire crie haut et fort depuis des années que c’est un problème au Québec. Plusieurs corps policiers, y compris ceux de Montréal et de Longueuil – où la mairesse a brièvement résidé avec son conjoint – ont été blâmés par les tribunaux pour des cas de profilage racial.

En 2024, le SPVM a perdu une bataille judiciaire contre l’avocat Kwadwo Yeboah. Me Yeboah avait été arrêté en 2021 lors d’une interpellation aléatoire alors qu’il était au volant de la voiture de sa femme. Plusieurs véhicules de police ont été appelés en renfort. Il a été arrêté, menotté et mis à l’arrière d’une voiture de police pour avoir remis un «faux» permis de conduire, alors que son permis était pourtant valide.

Le SPVM a même refusé de fournir au tribunal les vidéos de l’intervention, captées à la fois par la caméra corporelle d’un agent et par une caméra de surveillance.

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a aussi été condamné à quelques reprises. Le corps policier est notamment embourbé depuis 14 ans dans une saga judiciaire avec Joël DeBellefeuille, un homme noir interpellé sans raison en 2012.

Questions à huis clos

Le SPVM devait se présenter devant les élus de Montréal lundi lors d’une assemblée publique pour présenter son rapport annuel. Cette assemblée a toutefois été reportée sine die.

En lieu et place, la mairesse rencontrera la direction du SPVM à huis clos.

Depuis la semaine dernière, les demandes se multiplient pour faire la lumière sur le dossier. Dès le 15 juin, une pétition signée par 800 personnes et organismes réclamait une enquête publique indépendante. Jeudi, quatre organismes de Montréal réclamaient une commission d’enquête dans une lettre envoyée à la première ministre Christine Fréchette.

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