Jacques Boissinot/THE CANADIAN PRESS Le ministre des Finances, Carlos Leitão.

MONTRÉAL — Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao, ne prévoit pas à court terme imposer une taxe aux investisseurs étrangers qui achètent des maisons de Montréal, mais il ne ferme pas la porte à cette idée si cela devient une nécessité.

M. Leitao dit que son ministère surveille de près la situation alors que la taxe de 15 pour cent à Toronto pourrait se répercuter sur les prix immobiliers de la métropole du Québec.

L’Ontario a adopté cette taxe à la fin du mois d’avril et la Colombie-Britannique avait fait de même pour Vancouver en août dernier.

En entrevue, vendredi, le ministre a expliqué que le gouvernement voulait être «préparé» à agir rapidement dans l’éventualité où cette taxe serait nécessaire. Mais à court terme, ce n’est pas dans les plans, a-t-il ajouté.

Il faudra suivre la tendance dans les prix, selon le ministre.

Le nombre d’acheteurs étrangers est pour l’instant «marginal» à Montréal, même si ce n’est pas le seul élément qu’il faut considérer dans l’équation, a soutenu M. Leitao.

«Une bulle immobilière, si bulle immobilière il y a, ce n’est pas seulement le résultat de la présence d’acheteurs étrangers. Les acheteurs locaux contribuent beaucoup plus à la création d’une bulle que les étrangers», a-t-il indiqué.

Montréal a beau être la deuxième plus grande ville du Canada et l’une des plus cosmopolites dans le monde, les prix immobiliers demeurent relativement bas.

Le prix moyen dans la région de Montréal s’élevait à 364 373 $ en avril, ce qui représente environ le tiers du prix à Vancouver et 40 pour cent du prix à Toronto.

Bien que cela représente une hausse annuelle de 7,9 pour cent, elle se situe bien en-deçà de la moyenne nationale de 10,4 pour cent.

Le nombre de maisons à Montréal achetées par des étrangers a bondi de 62 pour cent pendant les neuf premiers mois de l’année 2016, mais ces achats représentent seulement environ 1,5 pour cent de toutes les transactions, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Deux grands fournisseurs d’hypothèques et de crédits commerciaux — la Banque nationale et le groupe Desjardins — ne voient pas la nécessité d’adopter une telle taxe.

Le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Comier, a récemment dit qu’il n’anticipait pas la formation d’une «réelle bulle immobilière». Mais l’analyste de Citi Research, Dana Peterson, croit que Montréal pourrait être le prochain endroit, logiquement, où les investisseurs étrangers jetteront leur dévolu.

Valérie Plante, la chef d’opposition à l’hôtel de ville de Montréal, dit craindre une arrivée massive des acheteurs étrangers, ce qui pourrait nuire aux résidants à faible revenu.

En cette année électorale, la chef de Projet Montréal a promis de faire campagne pour que la métropole acquière les pouvoirs d’imposer une taxe aux acheteurs étrangers

«Nous devrions faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer que Montréal reste une ville abordable pour tout le monde, pas seulement pour les chanceux, les riches», a-t-elle dit.

M. Leitao n’a pas l’intention de déléguer ce pouvoir à la ville.

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