Josie Desmarais Des capteurs sont installés dans les logements de certaines personnes âgées, ce qui permet de voir par exemple si elles s’alimentent bien, si elles ont une bonne hygiène ou comment elles utilisent leurs électroménagers.

Une maison intelligente pourrait-elle permettre aux aînés en perte d’autonomie de rester plus longtemps dans leur domicile? Une équipe de chercheurs montréalais a décidé 
de se pencher sur 
la question.

«Les objets connectés sont de plus en plus faciles d’accès, alors on veut voir comment on peut les utiliser pour soutenir le maintien à domicile de personnes âgées vulnérables», explique Nathalie Bier, chercheuse au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM) du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Des capteurs sont ainsi installés dans les logements de certaines personnes âgées, ce qui permet de voir par exemple si elles s’alimentent bien, si elles ont une bonne hygiène ou comment elles utilisent leurs électroménagers. «Ça apporte des informations objectives qui permettent de mieux cibler les interventions du soutien à domicile», estime Mme Bier.

Elle ajoute 
que la délocalisation peut parfois mener 
au déclin plus rapide de la santé des aînés, car ils perdent leurs points de repère.

«Les personnes âgées souhaitent demeurer 
à domicile puisque c’est leur environnement.» – Nathalie Bier, chercheuse

Les installations ont déjà été faites chez 5 personnes, mais la chercheuse vise à augmenter ce nombre à 20 pour mener 
la recherche qu’elle a lancée hier et qui aura cours sur trois ans. «Ce sont des personnes 
qui sont en perte d’autonomie, qui ont des troubles cognitifs ou qui sont isolées et dans 
une situation socioéconomique plus difficile, souligne-t-elle. Ce sont des gens qu’on a beaucoup de difficulté à garder à domicile 
et qui sont institutionnalisés plus rapidement.»

La directrice adjointe des services de soutien à domicile du CIUSSS, Annie Foy, estime qu’il est «encore tôt pour tirer des conclusions», mais elle a déjà eu une expérience positive avec une des cinq personnes qui ont participé au projet pilote.

«La famille et le personnel sentaient qu’elle avait besoin de beaucoup de services, et elle devait être déménagée en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), relate Mme Foy. Avec les capteurs, on a été capable de déterminer que cette dame faisait ses soins d’hygiène deux fois par jour et s’alimentait régulièrement. Ça a rassuré la famille et on a su que ce n’était pas nécessaire d’aller la laver, par exemple. C’est un service qui n’était pas requis et qu’elle aurait peut-être même trouvé envahissant.»

Pour l’instant, les capteurs utilisés sont non apparents, afin d’être le moins intrusifs possible. «On veut faire comprendre aux aînés et à la famille que ce ne sont pas des caméras, que personne ne les espionne», soutient Nathalie Bier.

«L’idée n’est pas de remplacer l’aide humaine, mais de faire en sorte que la technologie puisse s’occuper de certains soins, nuance-t-elle.

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