Paul Cunningham Paul Cunningham / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le manteau de mystère entourant l’agence fédérale la plus secrète au pays s’est légèrement épaissi.

Sans tambour ni trompette, Ottawa a cessé de dévoiler aux Canadiens les priorités annuelles de l’agence nationale d’écoute électronique. Les quelques détails entourant sa mission, qui étaient auparavant rendus publics, sont dorénavant classés secrets.

Le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC), établi à Ottawa, est chargé de surveiller les ordinateurs étrangers, les satellites, le trafic radio et téléphonique, en plus d’aider à la protection des systèmes informatiques du gouvernement fédéral. L’agence compte une équipe de plus de 2000 employés, dont de talentueux mathématiciens et ingénieurs informatiques, et est doté d’un budget d’environ 400 millions $.

Une section du rapport annuel sur les plans et priorités du ministère de la Défense était consacrée aux priorités de l’agence depuis des années, ce qui ne sera plus le cas. Dans son édition 2011-2012, les priorités citées comprenaient la mission du Canada en Afghanistan, la prolifération des armes de destruction massive, l’espionnage étranger et l’ingérence, de même que la stratégie du gouvernement fédéral pour le nord canadien. Le rapport incluait également de l’information sur des plans du CSTC concernant un nouvel édifice sophistiqué.

La donne a changé en novembre dernier lorsque le CSTC, autrefois une branche du ministère de la Défense, s’est transformé en une agence autonome se rapportant au ministre.

Le CSTC produira donc dorénavant son propre rapport sur ses plans et priorités, de même que ses rapports annuel et sur la performance. Pour des raisons de sécurité nationale, aucun de ces documents ne sera publié, a fait savoir l’agence.

Bill Robinson, qui s’intéresse au CSTC depuis longtemps, a qualifié ces modifications d’entrave à la transparence. Son blogue a été le premier à rapporter la fin de la publication des priorités annuelles de l’agence.

«Ils retirent de l’information qui était disponible depuis des années. Il n’y a aucune justification évidente pour ce faire», a-t-il lancé en entrevue.

«Tout ce qui concerne nos vies est en ébullition constante sur le Web et c’est le secteur où le CSTC concentre ses activités. En ce moment, nous devrions avoir une meilleure idée de cette agence et plus d’informations la concernant.»

La porte-parole du CSTC Christine Callahan a plutôt indiqué, dans une réponse par écrit, que l’agence avait rehaussé sa transparence publique par le truchement d’écritures comptables distinctes auprès du gouvernement fédéral sur les budgets et le personnel, en plus d’une description de ses principaux rôles.

En outre, le CSTC devra désormais inclure ses données financières aux comptes publics annuels.

Mme Callahan a ajouté que les informations dévoilées par l’agence étaient semblables à celles que révélaient le Service canadien du renseignement de sécurité, par exemple.

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