Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Avec le centre-ville de Montréal en arrière-plan, tout près d’un populaire centre commercial, se trouve une masse géante — d’une longueur équivalente à 22 terrains de football américain et aussi haut qu’un édifice de dix étages — qui peut être prise par erreur pour une série de montagnes brunes et grises du sud-ouest des États-Unis.

Néanmoins, il ne s’agit pas de pierres, mais bien de neige sale brunie par les gaz d’échappement, l’huile des voitures et d’autres polluants flottant dans la métropole gelée.

Il s’agit de l’un des 14 sites de dépôt à neige à Montréal, dont la moitié sont au maximum de leur capacité ou près de l’être en raison des chutes de neige exceptionnelles dans la métropole cet hiver.

Un porte-parole de la Ville, Philippe Sabourin, a souligné que le niveau moyen de précipitations de neige pour l’hiver entier avait quasiment été atteint. À la mi-février, Montréal avait déjà reçu 180 centimètres de neige. Un hiver moyen compte environ 190 centimètres de neige jusqu’à la fin mars.

M. Sabourin a affirmé que Montréal avait recueilli à ce jour 16 millions de mètres cubes de neige — suffisamment pour remplir 6400 piscines de dimension olympique. Montréal n’a reçu une telle quantité de neige qu’à quatre reprises au cours des 40 dernières années, a-t-il précisé.

Par conséquent, la Ville a obtenu une autorisation exceptionnelle du gouvernement du Québec pour ouvrir deux sites de dépôt à neige additionnels — ce qui porte le total à 14 sites —, dont l’un est situé sur le terrain de l’ancien hippodrome Blue Bonnets.

Il n’y a pas d’autre ville dans le monde ayant la même densité de population que Montréal qui doit gérer autant de neige, a soutenu M. Sabourin.

Jean-François Parenteau, le nouveau conseiller municipal responsable des services aux citoyens, a pris conscience rapidement du sérieux avec lequel les Montréalais abordent le retrait de la neige et le déglaçage.

«Je reçois des messages tout le temps sur les médias sociaux, les gens m’envoient des photos pour me dire « ils ne sont pas encore passés chez moi »», a-t-il relevé en entrevue.

De 15 à 20 millions $ par tempête

L’une des parties les plus stressantes de son travail est de décider du lancement d’une opération de nettoyage lorsque par exemple la ville reçoit cinq, six ou sept centimètres de neige et que les météorologues anticipent que la température va se réchauffer.

«Quand je dis go (pour un nettoyage), c’est 15 ou 20 millions $», a-t-il souligné.

Environ 3000 travailleurs opérant 2200 pièces d’équipement motorisées peuvent se retrouver dans les rues de la ville après une importante tempête, nettoyant et déglaçant 6000 kilomètres de trottoirs et 4000 kilomètres de routes.

Trente pour cent de la neige ramassée à Montréal est déversée dans d’immenses trous dans le sol reliés au système d’égout, où elle est traitée avant d’être relâchée dans le fleuve Saint-Laurent.

«Avant 1990, nous avions l’habitude de la jeter directement dans le fleuve», a rappelé M. Sabourin, disant que les choses avaient changé en raison d’une prise de conscience environnementale.

Chaque souffleuse est équipée d’un dispositif de géolocalisation, ce qui fait que la Ville sait où elle se trouve à tout moment et que les résidants peuvent utiliser une application sur leur téléphone pour surveiller les opérations de nettoyage en temps réel.

Devant le site de dépôt à neige près du Carrefour Angrignon, M. Sabourin est éclipsé par la montagne de neige brune compacte, alors que les employés de la Ville passent aux commandes de leur souffleuse.

«La neige y sera jusqu’en juillet. Peut-être en août», souligne-t-il.

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Quelques statistiques:

— Chaque année, Montréal utilise 150 000 tonnes d’un mélange de sel, de sable et de pierres comme abrasif sur les routes. Elles sont stockées dans 30 entrepôts dans la ville.

— La ville compte actuellement 14 sites de dépôt à neige et 16 sites où la neige est envoyée directement dans le système d’égout. Trente pour cent de la neige recueillie va dans le réseau d’égout, où elle est traitée avant d’être relâchée dans le fleuve Saint-Laurent.

— Montréal recueille généralement environ 12 millions de mètres cubes de neige chaque hiver. Jusqu’à maintenant cette année, elle a ramassé 16 millions de mètres cubes de neige.

— Montréal a prévu environ 164 millions $ dans son budget pour l’hiver 2017-2018 pour les opérations de déneigement. Cela représente environ un million de dollars pour chaque centimètre de neige recueilli.

— Durant les plus fortes chutes de neige, il y a environ 3000 travailleurs et 2200 pièces d’équipement motorisées sur les routes au même moment, sans compter environ 200 remorqueuses.

— Pour la saison 2016-17, la Ville estimait avoir recueilli 14 millions de tonnes cubes de neige, soit l’équivalent du volume de huit stades olympiques.

Source: Ville de Montréal

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