MONTRÉAL — Une petite foule s’est massée dimanche devant le consulat général de Russie à Montréal pour prendre part à une élection présidentielle dont le résultat ne devait pas surprendre.

Dans la file, Vladimir accepte de se confier aux médias, mais préfère ne pas donner son nom de famille.

Le camionneur n’est pas seul à montrer une certaine réticence à commenter la situation dans son pays d’origine.

Ekaterina Kondratyeva, âgée de 30 ans, estime que face à l’histoire de leur pays, ses compatriotes ont raison d’être craintifs.

«Chaque famille a perdu des personnes à cause de leurs opinons, explique-t-elle. Je pense que c’est dans notre sang d’avoir peur.»

Ses grands-parents, qui demeurent toujours à Moscou, n’osent pas discuter de n’importe quel sujet au téléphone, illustre-t-elle.

Mme Kondratyeva a tenu à participer au scrutin de dimanche, même si elle doute que celui-ci puisse changer les choses.

Elle attribue la popularité du président sortant à une machine de propagande bien huilée.

Après le dépouillement de plus de la moitié des bulletins, Vladimir Poutine était déjà en bonne voie de dérocher un quatrième mandat, obtenant un peu plus de 75 pour cent des suffrages selon la Commission électorale centrale.

Vladimir, lui, ne croit pas que ce long règne diffère de celui de la chancelière allemande Angela Merkel, en selle depuis 2005.

Il félicite l’ex-officier du KGB d’avoir redressé sa patrie, de laquelle il tire maintenant une fierté renouvelée.

«Dans les années 1990, j’avais honte de dire que j’étais Russe, ici au Canada», se souvient-il.

Lioudmila Aldatova, qui a fui la Russie il y a 18 ans, durant la seconde guerre de Tchétchénie, croit elle aussi que M. Poutine a redoré le blason de la Russie.

«Il doit être le président. C’est le seul choix», a-t-elle lancé, catégorique.

Irina Sagurova, 23 ans, objecte que s’il représente la seule option viable aux yeux de bien des Russes, c’est parce qu’il réprime ses véritables adversaires.

À quelques pas de l’entrée du consulat, la jeune femme s’interrogeait toujours quant à la meilleure manière d’exprimer son opposition au régime.

«Il y a un débat sur Internet: est-ce qu’il vaut mieux se présenter et voter pour les candidats qui ne vont certainement pas remporter les élections, ou est-ce qu’il vaut mieux ne pas participer du tout parce que les candidats qu’on aimerait voir n’étaient pas acceptés?», a-t-elle soupesé.

Ana Gulaeva ne ressentait pour sa part aucune hésitation. Établie depuis huit ans au Canada, cette enseignante de français est venue de Victoriaville pour participer au vote.

«Dans la situation actuelle au niveau international, ça prend quelqu’un qui dirige bien, qui sait ce qu’il fait, a-t-elle martelé. Pour moi, c’est Vladimir Poutine.»

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