La Presse Canadienne Jacques Chagnon.

À l’approche des élections générales du 1er octobre, les candidats s’activent dans leur circonscription. Tout au long de la campagne, Métro vous propose un aperçu des enjeux de chacune des circonscriptions de l’île. Aujourd’hui : Westmount–Saint-Louis.

La tradition veut, depuis plusieurs années, que le candidat élu dans ce comté à forte proportion anglophone soit libéral. Le président sortant de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, y régnait depuis 1985. En près de 15 ans, les libéraux y ont toujours obtenu au moins 60% des votes lors des scrutins, en faisant un de leurs châteaux forts.

Avant-hier, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé que la présidente de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, Jennifer Maccarone, sera la candidate libérale chargée d’assurer la succession de M. Chagnon. Les libéraux confirment ainsi leur volonté de se rapprocher des électeurs anglophones de Montréal.

Au Parti québécois (PQ), c’est Jocelyne Marion Benoit qui se présentera dans la circonscription, a confirmé le parti à Métro. La candidate entend proposer «plus de temps aux familles de Westmount» par l’implantation de repas dans les écoles primaires et par le Grand Déblocage, une mesure du PQ qui réduirait de 10% la congestion sur les routes.

Selon les données du Directeur général des élections du Québec, Westmount–Saint-Louis demeure une circonscription à forte majorité anglophone. Plus de 50% des citoyens ont l’anglais comme langue maternelle, contre 25,8% de francophones.

Une forte proportion de ses citoyens ont de 15 à 29 ans (35% d’entre eux), ce qui en fait l’un des comtés les plus jeunes de la métropole. Près de 40% des résidants ont de 30 à
59 ans, mais les personnes âgées sont peu nombreuses.

Le revenu moyen des ménages atteint un niveau élevé dans Westmount–Saint-Louis, soit 119 336$. Une différence notable par rapport à la moyenne provinciale de 77 306$. Le revenu médian est toutefois très bas, à 41 937$, en comparaison du seuil provincial de 59 822$. C’est donc dire que seule une faible partie de la population du comté génère d’importants revenus.

La parole aux candidats
À la Coalition avenir Québec (CAQ), c’est la gestionnaire Michelle Morin qui tentera de causer la surprise, le parti n’ayant présenté aucun candidat en 2014. Grande sportive et mère monoparentale, la candidate est également titulaire d’un MBA de l’école de gestion John Molson de l’Université Concordia.

Contactée par Métro, Mme Morin dit vouloir privilégier le modèle des logements sociaux dans sa circonscription. «Il y a plusieurs familles qui ont des difficultés financières, et on a besoin de plus de logements sociaux pour les soutenir, a-t-elle tranché. Moi, je veux accompagner la mairesse.»

D’ici 2021, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, vise la construction de 12 000 logements sociaux et abordables dans la métropole. «Le parti libéral sera incapable de livrer ces éléments-là, si on se fie au dernier budget, a estimé Mme Morin. En gérant Accès Logis, la Ville va pouvoir accélérer la construction.»

La candidate solidaire dans Westmount–Saint-Louis, Ekaterina Piskunova, est nouvelle en politique de terrain, mais enseigne les sciences politiques à l’Université de Montréal depuis plusieurs années. À ses yeux, la représentation par la langue demeure un enjeu primordial dans sa circonscription.

«Chez les anglophones, on sent qu’ils ont besoin d’un député pour porter leurs idées en anglais, a-t-elle avancé. C’est extrêmement malheureux, parce que ça signifie qu’ils n’ont pas été bien représentés dans leur langue maternelle. Mon idée, c’est d’entendre autant ce qu’ils disent en anglais, qu’en français et en arabe.»

Elle estime que ses concitoyens sont «désillusionnés» de la politique. Avec son programme «novateur et positif», Québec solidaire est le seul parti, selon elle, à pouvoir changer la donne. «On a besoin de cette cohésion, tout particulièrement dans Westmount–Saint-Louis, où on a trop souvent l’impression qu’on parle de deux réalités distinctes», a-t-elle ajouté.

Au NPD-Québec, le docteur en économie de l’Université Princeton et enseignant d’économie à l’UQAM, Nicholas Lawson, défendra les couleurs du jeune parti.

La priorité, aux yeux du candidat, est de s’attaquer au faible revenu médian dans la population. «Une des politiques qu’on propose, le revenu minimum garanti, est un moyen simple d’améliorer la qualité de vie des gens moins nantis, en réduisant la stigmatisation venant avec l’aide sociale», a-t-il noté.

Candidats 2018

  • Jennifer Maccarone (PLQ)
  • Michelle Morin (CAQ)
  • Jocelyne Marion Benoit (PQ)
  • Ekaterina Piskunova (QS)
  • Nicholas Lawson (NPD-Québec)
  • Mikey Colangelo Lauzon (Parti conservateur du Québec)
  • Sam Kuhn (Parti vert)

Résultats 2014

  • Jacques Chagnon (PLQ) : 83,2 %
  • Denise Laroche (PQ) : 6,53 %
  • Mélissa Desjardins (QS) : 6,24 %
  • Lisa Julie Cahn (PVQ) : 4,02 %

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