Victor Biro Eaton Centre shooting. Victor Biro / La Presse Canadienne

TORONTO – Pendant que les policiers de Toronto croient avoir identifié le tireur qui a tué une personne en plus d’en blesser plusieurs autres en ouvrant le feu dans l’aire de restauration du Centre Eaton, samedi, les autorités policières et municipales insistaient, 24 heures plus tard, sur le côté sécuritaire de la plus grande ville au Canada.

La police a conclu que la fusillade avait été un geste ciblé, ce qu’elle soupçonnait depuis le début, a affirmé en conférence de presse, dimanche, le chef adjoint suppléant Jeff McGuire.

«Un idiot armé d’un revolver au centre-ville de Toronto, un samedi, n’est pas le reflet de la ville… Je vous en prie, ne jugez pas la ville sur ce que nous avons vu hier (samedi)», a-t-il déclaré.

Qualifiant la fusillade de «dérangeante» et «choquante», le maire Rob Ford a souhaité l’arrestation du responsable de cet acte, mais aussi demandé à la population de ne pas se laisser affecter par ce drame.

«Il s’agit d’une ville sûre, et je veux que les gens continuent de faire ce qu’ils font tous les jours : sortir avec les membres de leur famille, magasiner, s’amuser avec leur famille.»

Le premier ministre Stephen Harper a réagi à la tragédie par voie de communiqué, dimanche après-midi. Il a dit avoir appris la nouvelle avec «effroi» et «tristesse».

«Les Canadiens et Canadiennes doivent être rassurés que pareils actes dépravés et monstrueux seront jugés avec toute la force de la loi», a-t-il assuré.

«Je suis convaincu que la police de Toronto apportera le ou les criminels responsables de cet acte insensé devant la justice», a ajouté le premier ministre.

Gangs de rues?

La police n’a pas encore été en mesure de déterminer si la fusillade était reliée à des gangs de rue, mais au moins une victime de la tragédie entretenait des liens connus avec ces groupes criminels. Il s’agit de l’homme qui a été tué, identifié par la police comme étant Ahmed Hassan, 24 ans, de Toronto, a indiqué le sergent-détective Brian Borg.

«Nous faisons enquête sur cette personne de même que sur un autre individu. Il se pourrait que les deux soient affiliés à des gangs, ou ce pourrait n’être que l’un des deux, mais nous croyons que notre défunt dans ce dossier pourrait avoir entretenu des liens avec un gang», a-t-il dit.

La police n’a pas donné davantage de précisions quant au suspect.

Les enquêteurs examinent les vidéos tournées par les caméras de sécurité dans l’espoir de retrouver le tireur, et ils ont questionné des témoins parmi les centaines de personnes qui se trouvaient dans le centre commercial lorsque des coups de feu ont été tirés, samedi soir, causant un mouvement de panique parmi les consommateurs qui se sont précipités vers les portes de sortie.

Sept personnes ont été blessées par les coups de feu ou en prenant la fuite à la suite de la fusillade. Les blessures les plus sérieuses ont été subies par un homme de 23 ans, atteint par des coups de feu au cou et à la poitrine, qui demeurait hospitalisé dimanche.

Un adolescent de 13 ans qui visitait Toronto avec sa famille a été blessé à la tête par un coup de feu. Il demeurait dans un état critique, dimanche, mais il parlait, réagissait bien aux traitements qui lui étaient administrés et on ne craignait plus pour sa vie, a affirmé le sergent-détective Borg.

Par ailleurs, la femme enceinte de 28 ans qui a été piétinée dans la cohue ayant suivi les coups de feu n’a pas encore accouché et se remettait de ses blessures, a-t-il indiqué.

«Je suis heureux de vous annoncer que cette dame et l’enfant qu’elle attend se portent bien», a ajouté le sergent-détective Borg.

Le Centre Eaton a été fermé au public pour la journée. Des policiers montaient la garde, dimanche matin, devant les portes du centre commercial. Plus tard dimanche, la police a annoncé que le centre commercial sera rouvert au public lundi et l’aire de restauration, mardi.

Pendant ce temps, la foule habituelle du dimanche après-midi se trouvait sur les trottoirs jouxtant le Centre Eaton. Plusieurs passants semblaient ne pas être au courant de la tragédie de samedi, tandis que d’autres se montraient peu perturbés par la fusillade.

Mais les employés de certaines boutiques situées à l’intérieur du centre commercial étaient toujours sous le choc au lendemain des événements.

«C’est assez dur pour les nerfs», a dit Rachel Kennedy, qui était au boulot samedi lorsqu’une personne a fait irruption dans sa boutique pour prévenir que des coups de feu avaient été tirés.

«Je pense que mes nerfs auraient été nettement plus éprouvés si j’avais entendu les coups de feu, mais je pense que les gens sont inquiets étant donné le choix de l’endroit… et personne ne connaît vraiment les motivations du tueur», a-t-elle poursuivi.

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