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Construire le méga pipeline Énergie Est entrainerait une hausse des émissions de carbone émises dans l’atmosphère plus élevée que prévu par une étude ontarienne souvent citée comme référence.

Selon une étude de l’Institut québécois du carbone (IQC) dévoilée lundi, le projet de pipeline de TransCanada résulterait en une hausse des émissions de CO2 dans l’atmosphère variant entre 24 et 45 mégatonnes par an au Canada et dans les pays acheteurs.

L’étude est novatrice dans le sens où elle s’attarde aux estimations des émissions en aval. Celles-ci seront dues à la consommation accrue de pétrole canadien à l’extérieur du pays et sont estimées entre 12 et 32 mégatonnes de carbone par an. Ces émissions en aval seraient au moins 2,5 fois plus élevées que les calculs de la firme Navius, commandée par la Commission de l’énergie de l’Ontario dans le cadre de ses consultations publiques pour le projet Énergie Est.

Les chercheurs de l’Institut du carbone affirment s’être notamment penchés sur les émissions en aval du projet afin de compléter le manque d’études concernant cet aspect du dossier. «Il faut souligner que sous les règles du régime international de changement climatique, le Canada est responsable uniquement pour les émissions en ‎amont [sur le territoire Canadien] et non pas les émissions en aval [à l’extérieur du Canada]», souligne l’un des chercheurs, Mark Purdon.

«Notre estimation du total des émissions associées à Énergie Est équivaut à l’ajout d’environ 5 à 9,5 millions de voitures sur les routes du monde», écrivent les deux chercheurs, Mark Purdon et Simon-Philippe Breton.

TransCanada a déclaré par courriel que l’entreprise allait prendre le temps d’analyser l’étude avant de la commenter. Elle affirme régulièrement que son projet n’entrainerait pas d’augmentation de la production de pétrole en amont et que son projet d’oléoduc ne ferait que remplacer le transport par train par une alternative plus sécuritaire et plus écologique: l’oléoduc.

Pour étayer ses arguments, l’entreprise albertaine fait souvent référence à l’étude de la firme Navius, Or, l’étude de l’IQC, qui a évalué sept scénarios, adopte une position différente. «L’étude Navius a tendance à minimiser l’impact d’Énergie Est en partant de l’hypothèse que si le pétrole n’est pas transporté par pipeline, il le sera par train. Nous on part avec une hypothèse différente où il est très peu probable qu’une quantité suffisante de nouvelles capacités de transport ferroviaire sera construite pour compenser entièrement Énergie Est si ce dernier n’est pas construit», indique Simon Philippe Breton.

MM. Breton et Purdon estiment que la capacité de transport par rail pourrait passer de 200 000 barils par jour en 2015 à 660 000 par jour en 2030. C’est 460 000 barils de plus, alors que la capacité de transport d’Énergie Est serait de 1,1 million de barils quotidiennement.

L’étude de l’IQC pourrait donner des munitions aux écologistes qui clament qu’interdire le projet Énergie Est permettrait de freiner l’expansion de la production des sables bitumineux, un geste indispensable pour que le Canada atteigne ses objectifs lutte aux changements climatiques, selon eux.

Selon Patrick Bonin de Greenpeace Canada, «comparativement à d’autres études, dont une publiée dans la revue Nature», l’étude de l’IQC «sous-estime d’environ trois fois les émissions internationales liées à l’augmentation de l’offre de pétrole». M. Bonin ajoute que cela ne donne donc pas l’ampleur réelle du projet Énergie Est en terme de pollution.

 

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