Collaboration spéciale Une partie de la collection de Simon Predj.

Il y a deux semaines, la compagnie Funai Electric, le dernier fabricant au monde de magnétoscopes, a annoncé qu’elle cesserait de produire des lecteurs pour cassettes VHS.

Bien que cette technologie soit désuète depuis déjà un certain temps, des nostalgiques et des amateurs de cinéma collectionnent ces cassettes qui ont parfois plus qu’une valeur simplement sentimentale. Métro s’est entretenu avec Simon Predj, collectionneur de VHS et animateur du podcast sur les films étranges et oubliés, Les Oubliettes.

Qu’est-ce qui fait que vous aimez les VHS?
On ne se mentira pas, c’est la nostalgie. Mais c’est aussi les boîtiers. Il ne s’en fait plus des affiches et des pochettes comme ça. C’est un peu comme une collection de cartes de hockey. Il y a beaucoup de cassettes que j’achète pour la pochette. C’est le trip du premier média cinéma aussi.

Combien de VHS avez-vous?
Il y a deux ans, j’approchais les 3000 et j’ai réalisé que je n’avais plus de place pour me déplacer dans la maison. Donc j’ai fait le ménage et j’essaie de m’en tenir à 2000. J’ai des amis collectionneurs qui en ont au-dessus de 5000.

Mes VHS

Pourquoi le VHS est-il spécial comme support cinématographique?
L’arrivée du VHS, c’était une révolution, parce que les gens n’étaient plus esclaves de l’horaire télé. Ils pouvaient enregistrer ce qu’ils voulaient, quand ils voulaient. Mais ce n’est pas juste le cinéma et la télé, c’est aussi les cassettes éducatives, les cassettes d’aérobie. Il y a des cassettes VHS pour apprendre à faire n’importe quoi. J’ai même une cassette pour apprendre à faire des nœuds de foulard! C’était le média, bas de gamme, facile d’accès. C’est la révolution d’une génération.

Y a-t-il des gens qui les gardent pour autre chose que pour le côté ridicule?
C’est parfois pour le contenu. Il y a une panoplie de films que ne sortiront jamais en DVD. Au Québec, il y a un engouement pour les traductions françaises, parce qu’elles ne se trouvent pas toutes en DVD. Par exemple, la version qu’on connaît ici du film Labyrinthe était en fait une traduction belge. Mais en DVD, c’est une nouvelle traduction, avec d’autres voix, parce qu’il y a eu une chicane au niveau des droits.

Ça peut valoir cher?
Certaines cassettes rares peuvent se vendre 300-350$. Mais ce n’est pas vrai que des VHS de Disney se vendent à 1000$ comme on peut lire dans certains articles. Les cassettes rares, ce sont souvent des cassettes que tu n’as jamais vu de ta vie, ou que tu as vu une fois dans un club vidéo en 1984.

Est-ce que ça fait peur aux collectionneurs qu’il ne se fasse plus de magnétoscopes?
C’est sûr que si on a plus de magnétoscopes, la cassette devient plus que désuète. Personnellement, j’ai à peu près une douzaine de magnétoscopes dans mon garde-robe. Depuis qu’ils ont annoncé [la fin de la production], j’ai le goût d’aller acheter des magnétoscopes neufs, au cas où.

Est-ce que ça continuer de vivre malgré tout?
Je ne pense pas que ça vive encore 50 ou 60 ans. Les collections vont rapetisser, mais il ne faut pas croire que les collectionneurs vont arrêter de ramasser du jour au lendemain. Il y a encore un gros marché pour ça. Mais la cassette a aussi une durée de vie, il faut l’entreposer dans un endroit sec, sans trop de lumière, une bactérie peut se créer sur la bande magnétique et contaminer toute une collection.

Pourrait-on voir un retour comme on a vu avec le vinyle?
On ne peut pas vraiment comparer au vinyle, car ce n’est pas la même qualité. Un vinyle vieillit bien parce qu’il y a une qualité sonore qu’on aime encore aujourd’hui. À part moi, il n’y a personne qui trippe sur le «grichage» d’une vieille VHS. Quand t’as le choix entre blu-ray ou VHS, même moi je vais choisir le blu-ray.

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