Collaboration spéciale Nick Cave

métro à veniseNotre journaliste Natalia Wysocka se trouve présentement à la Mostra de Venise, célèbre festival international de cinéma en Italie.

Accidents artistiques. Temps élastique. Événements incontrôlables. Superstitions entourant la mort. Pendant la première partie du si poétiquement nommé One More Time With Feeling, on se demande si l’usage de ces mots et l’exploration de ces thèmes sont un «hasard»; si le film que l’on regarde a été tourné avant la tragédie qui a frappé Nick Cave. Si c’est uniquement de son œuvre dont on parle ou si c’est, en fait, de sa vie.

Puis, le frontman à nul autre pareil finit par y faire directement allusion. À prononcer, la gorge nouée, le prénom de son fils disparu, Arthur, tombé d’une falaise après avoir pris du LSD, en novembre dernier.

Tourné en 3D et en noir et blanc (le réalisateur Andrew Dominik n’a définitivement pas fait dans la facilité), ce documentaire hautement artistique se révèle à la fois apaisant et violent à regarder, contrastes qui caractérisent d’ailleurs l’ensemble des écrits du poète australien.

Employant une forme réellement adaptée à son sujet, voguant entre les séquences oniriques libératrices et les instants où l’on est ramené à l’impitoyable réalité, One More Time nous présente un Nick Cave en contrôle, mais fragile. Brisé, mais déterminé à traduire ses émotions en musique. Lucide sur la cassure que la mort de son fils a opérée en lui: «Regardez-moi. En train de me confier à une caméra! Ça m’aurait complètement horrifié, autrefois!» s’exclame celui qui a fait de la trinité «angoisse, anxiété et effroi» le cœur de ses chansons.

Abordant sans sensationnalisme aucun le deuil et la perte, le documentaire est bien sûr dédié à la mémoire d’Arthur Cave, que l’on entend chanter au générique, en compagnie de son frère jumeau Earl, le Deep Water composé par son père et Marianne Faithful.

Une majorité du long métrage se déroule en studio, où Nick tente de surmonter la douleur en enregistrant un nouvel album, Skeleton Tree, avec ses Bad Seeds. À ses côtés: son complice éternel, le violoniste Warren Ellis. («Que ferais-je sans lui?»), ainsi que son autre  ami discret, à la présence apaisante, le batteur Jim Sclavunos. Gravitant également dans cet univers avec la force tranquille qu’on lui connaît, sa femme et muse, Susie. Une artiste secrète, «spectaculairement tridimensionnelle» qui confie, comme son mari, libérer sa peine immense par le biais de ses créations. Bouleversant.

One More Time with Feeling
Présenté hors compétition à la Mostra
Au Cinéma du Parc jeudi à 21 h et 23 h

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