Yves Provencher/Métro François Massicotte et Geneviève Gagnon ont parodié une scène qu’on a souvent pu voir ces derniers mois au cours des manifestations.

La Coalition des humoristes indignés (CHI) n’y est pas allée de main morte hier, pour le plus grand plaisir du public.

C’était clair : les gens dans la salle étaient gagnés d’avance à la cause défendue par la vingtaine d’humoristes de la CHI. Tout comme il était clair que le gouvernement Charest ne serait pas épargné par les critiques virulentes dans ce plaidoyer pour la cause étudiante. Et les Louis T, Jean-François Mercier, Guillaume Wagner et tutti quanti en ont certes donné pour leur argent aux gens de l’assistance, qui venaient chercher un écho à leur propre indignation.

C’est à l’hyperactif – et hilarant – François Bellefeuille qu’est revenue la tâche d’animer ce gala humoristique engagé, et il a donné le ton avec un «profilage de la salle», laquelle se trouvait «en état d’arrestation» pour cause de rassemblement de plus de 50 personnes…

Ont ensuite défilé les humoristes sur scène, certains d’entre eux, déjà politisés dans leur style, bonifiant pour l’occasion des numéros qui se prêtaient bien au contexte de la soirée, ou abordant de front le sujet de la grève étudiante. Parmi les meilleurs coups, on soulignera le mordant numéro de Louis T, qui s’est indigné, chiffres à l’appui, sur de nombreux aspects déficients de la société québécoise; Emmanuel Bilodeau, offrant un discours à saveur «Sol» dans la peau d’un ministre corrompu, Tonino Tomato; ou encore les cinglants Guillaume Wagner, Guy Nantel et Mike Ward.

Certains ont abordé le sujet avec colère, d’autres ont joué de sarcasme, beaucoup ont offert un point de vue plus large que la seule cause étudiante. Et dans l’ensemble, jusqu’à la prestation de Paul Piché en fin de (longue) soirée, c’est un cri commun de ras-le-bol qui se sentait chez les humoristes, lesquels se faisaient la voix du public et rappelaient que… c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle.

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