Veronique Boncompagni/K-Films Amerique Dans le film, Sophie Nélisse joue une adolescente de 14 ans qui tombe amoureuse d’un musicien (Jean-Simon Leduc) deux fois plus âgé qu’elle et qui a une relation tendue avec sa mère, interprétée par Karine Vanasse.

Léa Pool convie Sophie Nélisse et Karine Vanasse à une œuvre ambiguë truffée de mensonges dans son nouveau film Et au pire, on se mariera.

C’est le jour et la nuit entre Et au pire, on se mariera et La passion d’Augustine, le précédent long métrage de Léa Pool qui a remporté un succès fou et de nombreuses distinctions. Entre les émois lumineux d’un couvent et les sombres tourments d’une adolescente (Nélisse) en rage contre sa mère (Vanasse), il y a un immense fossé dramatique.

«J’aime ça varier, passer d’un univers à un autre qui est très différent, confie la cinéaste, rencontrée sur la terrasse d’un restaurant du Vieux-Montréal. J’ai fait 15 longs métrages et j’aime encore me mettre en danger, prendre des risques. Cette œuvre ressemble plus à ce que je faisais au début de ma carrière.»

Cette adaptation de l’acclamé roman de Sophie Bienvenu (qui en assure le scénario avec Pool) traite de sujets sensibles – les blessures de l’adolescence, les amours interdits – en jouant constamment avec les notions de vrai et de faux.

«Dans le roman, tu as encore moins de réponse, maintient la réalisatrice. Le roman laisse une immense place aux lecteurs. Au cinéma, tu es obligé de donner des points d’ancrage et c’était un défi pour moi. Le cinéma te laisse une certaine place, mais si tu lui en laisses trop, il se perd. Et le spectateur va se tanner.»

«Le personnage était vraiment différent de tous les rôles que j’avais tenus auparavant. Je voulais prouver que je n’étais pas juste capable de jouer la petite fille cute, mais que je pouvais jouer des rôles plus matures, plus sérieux.» – Sophie Nélisse, qui apparaît dans toutes les scènes et qui porte le film sur ses épaules.

Alors que l’héroïne donne sa version des événements en revenant constamment sur les faits en place, un jeu temporel s’exerce au niveau de ses souvenirs et de ses fantasmes.

«J’aimais cette écriture narrative déconstruite qui te permet de ne pas être dans une chronologie classique, avance la metteure en scène. Ça pouvait me permettre de jouer avec l’image, avec le montage… J’aimais cette idée de revoir des scènes qui sont soudainement différentes. Peu à peu, tu entres dans la vérité de l’histoire par accumulation. C’est comme un puzzle. C’est quand même assez rare qu’on puisse faire ça au cinéma.»

Retour au bercail
C’est Emporte-moi de Léa Pool qui a propulsé la carrière cinématographique de Karine Vanasse en 1999 et l’actrice tenait mordicus à retravailler avec la réalisatrice suisse.

«Je voulais revivre cette expérience avec elle, mais avec un bagage d’expériences et une maturité différente, explique la populaire interprète. Léa a une volonté de toucher à une vérité qui est riche et complexe. Elle offre beaucoup de liberté à ses collaborateurs pour qu’ils laissent parler leur instinct. Il y a vraiment un gros pouvoir dans la confiance qu’elle te fait ressentir.»

Et au pire, on se mariera, en salle dès aujourd’hui.

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