Un frère 
et une sœur partent
à la recherche
de leur mère dans
 Y est où le paradis?
 de Denis Langlois.

Il y a du Réjean Ducharme dans cette relation entre Samuel (Maxime Dumontier) et Émilie (Marine Johnson). Ces deux êtres qui souffrent de déficience intellectuelle ne comprennent pas que maman est décédée et tentent de la retrouver en 
partant sur la route… «C’est une joie de vivre avec eux, concède le réalisateur québécois Denis Langlois, rencontré à la Cinémathèque québécoise. On donne une voix à ces gens qui sont rarement représentés au cinéma et on sent que n’importe qui peut se reconnaître, s’identifier à eux.»

Les deux acteurs se sont immergés auprès de cette population en participant à des ateliers des Muses «parce que c’était facile de trop en faire», rappelle Maxime Dumontier [Tout est parfait]. Ce processus a été nécessaire pour Marine Johnson, qui renoue avec la forêt, l’errance et les relations fraternelles quelques semaines après l’incandescent La petite fille qui aimait trop les allumettes de Simon Lavoie.

«Qu’on rencontre ou qu’on côtoie des gens qui vivent avec une déficience, il y a un côté qui nous remet en question par la simplicité des relations.» –Denis Langlois, réalisateur

Y est où le paradis? n’est toutefois pas fait du même bois. Plus tendre et plus lumineux, ce film prend la forme d’un conte poétique où la nature hivernale d’une contrée imaginaire risque d’engouffrer nos personnages sans malice. On reconnaît le Nord québécois et l’héritage des Premières Nations, qui s’exprime subtilement dans leurs murmures, des métaphores de pommes de pin et des symboles comme l’aurore boréale et la Voie lactée. Un peu plus et le metteur en scène aurait créé cet univers en animation, ce qui aurait pu le rapprocher du merveilleux Song of the Sea.

Derrière sa simplicité, cette œuvre aborde pourtant des sujets essentiels. «C’est quoi, la mort? se demande le cinéaste, qui en est à son quatrième long métrage. Quand ça nous arrive, on revient aux vraies questions insolubles de base, qu’on soit déficient ou non. Et on se dit que ce film-là fait du bien pour ça.»

Le choix d’incarner
Contrairement au populaire film Gabrielle de Louise Archambault, dont l’héroïne vivait réellement avec une déficience intellectuelle, Y est où le paradis? a plutôt eu recours à deux acteurs qui jouent ce handicap. « Au début, on voulait le faire avec de vraies personnes qui souffrent de déficience intellectuelle, assure le cinéaste Denis Langlois. Mais question de budget, travailler pendant 14 heures par jour l’hiver dans la forêt, c’était impossible. Après deux ou trois heures, on m’a dit que ces personnes n’étaient pas capables de le faire. Ça aurait été possible si on avait trouvé la vraie perle rare. Tu ne peux pas mettre n’importe qui devant une caméra. Mais au Québec, le bassin de population n’est pas grand… On a fait ce choix-là, on l’assume. Ç’a permis, je pense, des nuances de jeu.»

Y est où le paradis?
En salle vendredi

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