K-films amérique Une jeune femme mariée et réservée troque son quotidien ennuyeux pour une existence de débauche sexuelle dans Guilty of Romance.

Sexe, violence, perversité : Guilty of Romance est bel et bien un film de Sion Sono. L’actrice et sex-symbol Megumi Kagurazaka nous parle de cet univers unique en son genre.

Il y a eu les déstabilisants Suicide Club et Strange Circus qui ont fait de Sion Sono un des cinéastes les plus démentiels du 21e siècle. Puis est venue l’épopée folle de quatre heures de Love Exposure et l’éblouissant Cold Fish qui ont assuré son statut de réalisateur culte. Voilà que le Japonais conclut sa trilogie de la haine avec Guilty of Romance, un récit beaucoup plus «doux» que les précédents, et qui s’apparente à une romance mélodramatique particulièrement malsaine.

«Après ce rôle, je peux pratiquement tout jouer. Je suis réellement une meilleure actrice.» Ces paroles sont celles de la comédienne Megumi Kagurazaka qui était de passage à Montréal en octobre dernier dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Il en fallait du culot pour interpréter le personnage principal : une jeune femme mariée et réservée qui troque son quotidien ennuyeux pour une existence de débauche sexuelle. «Les scènes étaient choquantes et extrêmement exigeantes pour moi, confie celle que l’on a pu voir dans 13 Assassins de Takashi Miike. En même temps, elles sont très belles, sublimes esthétiquement.»

Cette fragile et naïve héroïne en quête d’émancipation pourrait très bien être une sœur, une amie ou la voisine d’à côté. Des femmes qui se questionnent et qui sont prêtes à tout pour connaître véritablement la nature de leurs sentiments.

«Au début, la raison d’être de mon personnage est son mari, avoue celle qui a tourné entre-temps dans Himizu, toujours de Sion Sono. À un moment donné, on sent que ce n’est plus suffisant. Elle veut faire quelque chose, mais elle n’a pas encore trouvé quoi concrètement. C’est son désir qui est en train de s’épanouir. Elle a besoin de voyager pour se trouver elle-même. C’est un peu comme le symbole des femmes ménagères où la plupart des Japonaises sont à la maison à s’occuper de la famille et des enfants.»

Corde sensible
Par ses sujets qui divisent les cinéphiles et son traitement souvent dépravé, le cinéma de Sion Sono est difficile à oublier et il ne peut qu’attirer la polémique.

Guilty of Romance s’inscrit dans cette logique par sa façon de montrer la soif de liberté d’une pauvre bourgeoise. «Dans le film, il y a des femmes qui trouvent leur chemin, alors qu’il y en a d’autres qui n’arrivent toujours pas à se libérer, confie sa principale interprète Megumi Kagurazaka. C’est la même chose pour les spectateurs qui ont regardé le film. Il y a des gens qui sont sensibles au personnage, qui sont capables de la comprendre en se servant de leur corps et de leur cœur, en puisant au fond d’eux-mêmes. Alors que d’autres personnes trouvent seulement que c’est une œuvre choquante. Mais c’est beaucoup plus que ça.»

Guilty of Romance
En salle dès vendredi

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