Cinéaste de l’essentiel, Catherine Martin retourne au documentaire pour proposer Certains de mes amis.

Cela fait plus d’une décennie que Catherine Martin se consacre à la fiction. À la suite de ses nécessaires Trois temps après la mort d’Anna et Une jeune fille, elle a décidé de revenir à ses premières amours en filmant certains de ses amis dans le cadre de leur travail. Des individus inspirants qui redonnent et transmettent.

«C’est ma manière de ramener le caractère sacré des gestes du travail, pour qu’on sente que, dans ce rituel-là, il y a aussi un don, un apport, explique la réalisatrice et scénariste, rencontrée dans un bistro du quartier Villeray. Ce sont des gens qui ont la foi dans ce qu’ils peuvent apporter aux autres. Ce qu’ils font aide à être dans la vie, à être présent au monde.»

Les sept personnes retenues – dont le photographe Gabor Szilasi, déjà au centre du documentaire L’esprit des lieux de la même créatrice – sont tous des artistes, de véritables passionnés. «Ce n’est pas un hasard; parce que l’art nous aide à vivre, rappelle la metteuse en scène. Et je ne parle pas seulement de ceux qui pratiquent un art, mais des gens qui le reçoivent. Avant de faire ce que je fais maintenant, j’ai absorbé, vu, lu des grandes œuvres, qui ont eu une importance primordiale dans mon existence, qui m’ont aidée à vivre, à grandir, à réfléchir.»

«Parfois, on a besoin de quelque chose de plus grand que nous.»  – Catherine Martin, réalisatrice de Certains de mes amis

Le rythme naturel de la vie
Chacun des amis de la cinéaste est présenté à l’écran de la même façon. Ils regardent devant eux, ce qui donne la chance aux spectateurs de sonder leur âme (à moins que ce soit le contraire). Ce rapport au temps s’exprime également dans la longue durée des plans, créant du coup des élans méditatifs et poétiques, presque spirituels. La caméra fixe posée sur un trépied filme les sujets comme de véritables cadres de peintures, renvoyant aux démarches de quelques-uns des maîtres contemporains du septième art, dont Lav Diaz et Tsai Ming-liang. Puis, il y a ces dialogues, réduits au minimum, qui permettent de voir réellement et d’entendre la nature, même en pleine ville.

Cela élève les âmes et rappelle l’intégrité de ces êtres comme tout le monde qui sont soudainement exposés à la lumière et dont les métiers ne sont pas toujours valorisés. «J’aimerais tellement que de jeunes gens voient le film; j’aimerais leur montrer qu’on peut passer toute une vie à faire ce qu’on aime profondément et pas seulement pour gagner de l’argent, avoue celle à qui on doit également les colossaux Mariages et Dans les villes. Cela peut être dans n’importe quel travail ou en dehors du travail. Mais il faut se nourrir. La vie est courte. Il faut essayer de donner du sens à cette vie-là.»

En salle dès vendredi

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