AFP Chadwick Boseman

Le succès planétaire et historique de Black Panther et de son casting principalement noir peut-il enfin laisser présager des jours heureux pour les réalisateurs et acteurs de couleur, ou le nouveau film de superhéros Marvel ne sera-t-il que l’exception qui confirme la règle?

Pour son premier week-end d’exploitation en Amérique du Nord, le 18e film de l’univers Marvel a rapporté 242,2 millions de dollars, pour un total de 426,6 millions à travers le monde.

«Les premières recettes à l’étranger de Black Panther mettent fin au mythe selon lequel les films principalement noirs ne peuvent pas rapporter d’argent en Europe», explique Jeff Bock, analyste d’Exhibitor Relations, un cabinet qui décrypte les recettes cinématographiques.

«Du simple point de vue des résultats au box-office, je n’y aurais jamais cru», ajoute-t-il, rappelant cependant les succès de la trilogie Blade avec Wesley Snipes au début des années 2000.

Black Panther, adaptation sur grand écran des aventure du premier super-héros noir créé par Marvel en 1966, a été réalisé par Ryan Coogler (Creed) et met à l’affiche Chadwick Boseman (42).

Le film, le premier de l’univers cinématographique Marvel à être centré sur un justicier noir, raconte le combat mené par le roi T’Challa pour défendre sa nation de Wakanda, la plus avancée de l’univers Marvel.

Disney, la maison-mère de l’éditeur, a expliqué s’attendre à un bouche-à-oreille «particulièrement fort», pour que les ventes de billets ne faiblissent pas. Black Panther, le Marvel le mieux noté sur l’agrégateur de critiques Rotten Tomatoes avec un score de 96%, a notamment écrasé le précédent record de recettes pour le jour férié américain du Presidents Day.

Il a bénéficié d’un budget faramineux, destiné à sa production et sa promotion: 350 millions de dollars.

Et maintenant?
Maintenant qu’ils voient que des films mettant en scène des Noirs peuvent intéresser un public blanc à travers le monde et être largement rentables, les grands producteurs hollywoodiens donneront peut-être plus souvent les clés du studio à des réalisateurs de couleur.

«De la même manière que Wonder Woman a brisé le plafond de verre et montré que les femmes pouvaient prendre d’assaut le box-office, Black Panther devrait prouver que les Noirs américains peuvent tout rafler au box-office à la tête des grosses productions», appuie Jeff Bock.

Le contre-exemple jusqu’ici cité est celui de la franchise Madea de Tyler Perry: plus d’un demi-milliard récolté en huit films depuis 2005, mais avec seulement 1% de recettes provenant des marchés européens.

Pour le critique Eric Kohn, Black Panther se situe dans la continuité de films à succès critique réalisés par des Noirs américains comme Moonlight, Medicine for Melancholy, Dear White People ou Get Out, qui est nommé cette année aux Oscars.

«D’une certaine manière, c’est l’aboutissement à très grande échelle de tous ces éléments cinématographiques américains, a-t-il analysé sur le podcast IndieWire’s Screen Talk. De toute évidence, il y aura plusieurs suites et le film restera dans l’air du temps dans les années à venir. La question maintenant est de savoir ce qu’on peut attendre d’autre.»

Le prochain Disney à pouvoir capitaliser sur le succès de Black Panther est «Un raccourci dans le temps», réalisé Ava DuVernay (Selma), la première femme noire aux commandes d’un blockbuster à plus de 100 millions de dollars.

À l’affiche, principalement des acteurs non-blancs: Oprah Winfrey, Mindy Kaling, Storm Reid, Gugu Mbatha-Raw et Michael Pena.

«Ce film n’est pas forcément vu comme ayant la même démarche en terme de représentation que Black Panther. Est-ce qu’on autorisera que ce sujet soit abordé dans d’autres films que celui-là?», demande Eric Kohn.

«On peut penser que oui, parce que de toute évidence ça rapporte. Mais il y a quand même cette déconnexion dans notre industrie. Si on passe outre les exemples les plus évidents – les films – on s’aperçoit que ceux qui contrôlent les studios restent blancs», rappelle-t-il.

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