Collaboration spéciale Suzanne Clément (à droite) en compagnie d’Emmanuelle Devos, qui tient le rôle principal du film.

Suzanne Clément poursuit son irrésistible carrière française avec Numéro une, le film par excellence en cette ère du #MoiAussi.

Il y a une résonance qui émane du nouveau long métrage de Tonie Marshall, la seule femme à avoir reçu le César de la meilleure réalisation, et ce, pour Vénus beauté (Institut). Derrière ses airs de Margin Call de l’Hexagone se trouve une œuvre féroce qui s’attaque au sexisme ambiant.

«Dès que j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite trouvé que c’était un film important, se rappelle Suzanne Clément. Il faut savoir qu’en France, la situation pour les femmes, je la trouve plus rock’n’roll. L’histoire du machisme y est plus forte que chez nous.»

La muse de Xavier Dolan fait ici partie d’un groupe de femmes qui agit dans l’ombre afin d’aider l’héroïne (magnifique Emmanuelle Devos) à accéder à la direction d’une entreprise qui a toujours été présidée par des hommes. Il s’agit d’un personnage fort, capable de survivre dans cette impitoyable arène politico-économique tout en remettant à sa place une implacable distribution masculine qui comprend Richard Berry, Samy Frey et Benjamin Biolay.

«Je ne sais pas si ce club-là existe, mais il y a certainement des groupes de femmes qui se mobilisent, discutent et cherchent à améliorer les choses», évoque celle qu’on reverra au cinéma dès la semaine prochaine au côté de Toni Collette dans Birthmarked, du Québécois Emanuel Hoss-Desmarais (Whitewash). «Le milieu des affaires en France a été dirigé par des hommes pendant des années, et il y en a, des clubs masculins», ajoute-t-elle.

«Les actrices acceptent plus souvent de jouer des rôles de “femme de”, de “maîtresse de”, car il y en a davantage. C’est un monde où on a plus privilégié des histoires d’hommes, écrite par des hommes, alors qu’un acteur sera beaucoup moins enclin et habitué à être “le mari de”.» – Suzanne Clément, en vedette dans Numéro une

Oser le pouvoir
Naviguant entre le suspense et le drame psychologique, Numéro une n’hésite pas à traiter de cette solitude trop souvent inhérente lorsqu’un être tend à sortir des sentiers battus, rappelant qu’il sera un modèle pour ses pairs tout en étant critiqué plus sévèrement.

«C’est dans tous les milieux, concède Suzanne Clément. Il y a une confiance en soi qui manque par moments [aux femmes], parce qu’on a l’impression que, pour atteindre quelque chose, il faut vraiment qu’on connaisse de fond en comble le sujet. Ce qui devrait être le cas de tout le monde, en fait. Mais l’homme, de façon générale, sent plus qu’il a un droit d’accès à des postes de haut niveau même s’il n’est pas parfait. C’est la façon dont les gens ont été éduqués pendant des siècles. C’est difficile mais faisable de changer les mentalités.»

Avec les récentes protestations à Cannes pour la parité et l’égalité salariales ainsi que la sortie prochaine du documentaire RBG sur une juge américaine qui a révolutionné la société, Numéro une ne pouvait pas mieux tomber.

En salle vendredi

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