«Quand une parole est offerte, elle ne meurt pas.» Ces mots de Joséphine Bacon éclairent le délicat documentaire Ceux qui viendront, l’entendront de Simon Plouffe, présenté à l’occasion du Mois national de l’histoire autochtone.

L’ouïe y est bercée par six langues autochtones qui sont menacées de disparaître. Des nations dont la culture et l’identité ont été fragilisées par la colonisation et le système de pensionnat de l’hégémonie dominante.

Devant la précarité de la situation, Simon Plouffe ose la rencontre entre les peuples, la richesse des voix et leur pluralité. Si les heures s’avèrent sombres et parfois même comptées, l’espoir demeure au rendez-vous, symbolisé par une transmission entre les parents et les enfants, mais également par la radio et l’enseignement.

«Il y a peu d’écriture et de littérature dans les langues autochtones: elles sont de tradition orale, explique le réalisateur, qui continue son exploration de la mémoire, des racines et de l’attachement au territoire entamé dans son précédent film L’or des autres. Dès qu’on perd des aînés, c’est une catastrophe pour la survie de la communauté… Si les jeunes se réapproprient leur culture, se redonnent confiance et reprennent goût à la découverte de leur langue, tout n’est pas perdu. Et ça commence dans la famille.»

Cette transmission s’opère également par le cinéma. Il y a la caméra attentionnée du metteur en scène qui cherche à sauver des souvenirs et des valeurs avant qu’il soit trop tard. Puis il y a des archives incroyables – le premier enregistrement de la langue inuit, un chant malécite – immortalisées au début du XXe siècle par des techniques cinématographiques qui sont loin d’être… éternelles.

«Maintenant, tout est en numérique, sur des disques durs et on ne sait pas ce qui peut arriver, rappelle le cinéaste. Si ce n’est pas bien archivé et qu’un jour les supports ne sont plus compatibles, qu’est-ce qu’on fait avec ça? Mon film est aussi une réflexion sur la conservation, la préservation, l’archivage. C’est un désir d’essayer de documenter quelque chose qui est en train de s’effriter, qui est difficile à capter, qui demande beaucoup de temps et de patience.»

Dans son documentaire, Simon Plouffe fait ressortir la musicalité des différentes langues autochtones, créant des symphonies qui sont renforcées par une utilisation immersive du son et du montage. «Il y a un peu d’expérimentation dans le film, concède son créateur. Des fois, c’est plus puissant d’enlever des images pour ne mettre que le son. Je trouve que c’est rare au cinéma qu’on se permette de seulement écouter.» 

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