Erwan Fichou et Théo Mercier

Juliette Armanet fait tourner les têtes partout où elle se produit. Portée par le succès de son premier album, Petite amie, l’auteur-compositrice-interprète profite de son passage aux Francos pour tenter de séduire le public québécois. Rencontre avec la coqueluche de la jeune pop parisienne.

Il souffle un vent de fraîcheur sur la chanson made in France, et Juliette Armanet incarne à merveille cette pop toujours plus irrévérencieuse, plus personnelle, des dernières années. Révélation de l’année aux dernières Victoires de la musique, elle a été hissée par les critiques à la tête de ce mouvement de renouveau aux côtés des Fishbach, Clara Luciani et Cléa Vincent de ce monde.

«Il y a une sorte d’exubérance et un partage intense dans ce milieu. On forme une belle génération, où chacun a son propre genre. C’est un cercle vertueux très agréable dans lequel évoluer», s’enthousiasme la chanteuse en entrevue avec Métro.

Juliette Armanet compose principalement au piano, son instrument de prédilection. Cet été, ils sont cinq musiciens à parcourir les festivals avec elle, une nouvelle configuration qui a nécessité un travail d’arrangement considérable.

«Les chansons seront plus vibrantes et plus fortes qu’à l’accoutumée. Ça risque de surprendre, car l’esprit de l’album est plutôt mélancolique.»

Avec des vers comme «Solo dans ma peau, sur la plage, j’me la joue mélo, je drague les nuages», qui ouvrent le tube L’amour en solitaire, et le grain de voix feutré de la chanteuse, l’atmosphère de l’album se prête bien à la nostalgie et aux amours déchues.

«Il ne faut pas prendre les concerts à la légère. C’est sacré de monter sur une scène et de s’exhiber.» -Juliette Armanet

Plume intuitive
Fille de mélomanes, Juliette Armanet baigne dans l’amour de la musique depuis le berceau.

Dès son plus jeune âge, les leçons de piano font partie de son quotidien, tant dans la salle de classe que dans l’intimité du salon familial. Elle œuvre pendant sept ans dans le documentaire pour la chaîne télé Arte sans jamais faire une croix sur la musique.

«J’ai toujours eu besoin de m’exprimer à travers la musique», estime l’artiste. Animée par sa curiosité pour les agencements de mots improbables, elle écrit comme elle pense, entre la fiction et l’autobiographie, «sans trop s’en rendre compte».

Le grand succès de Petite amie, tout juste sacré disque platine, s’est avéré complètement inattendu pour son auteure.

«Je ne m’attendais pas à une réception aussi intense, aussi joyeuse, à autant de bienveillance et de générosité. 2018 est une année qui m’a libérée de plein de choses et qui m’a donné foi en d’autres.»

En plus de spectacles vibrants en Belgique et au Japon, son passage au mythique Olympia de Paris a marqué cette année faste. «C’était un moment symbolique à plein d’égards.»

Cette semaine, la chanteuse s’attend aussi à une rencontre forte avec le public québécois. Elle garde une image douce de ses visites précédentes au Québec à titre de simple touriste. «Le Québec est une civilisation singulière, ni tout à fait européenne, ni tout à fait américaine. C’est un doux répit à la dent plus dure et cynique de l’industrie de la musique en France.»

Aucun pour Juliette Armanet: un deuxième album suivra, mais elle prendra son temps. Elle compte pour le moment passer l’été sur la scène des festivals de musique en France, en Belgique et en Suisse avant de revenir à la radio et à la création à l’automne.

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