Denis Beaumont/Métro «Je n’aime pas les choses formatées. J’essaye de ne pas prendre la trail où tout le monde marche. J’aime ça, être dans le bois», confie Fred Fortin.

Les fans l’attendaient, mais n’y croyaient plus trop. Mais quand on espère très fort, des fois, ça arrive! Avec un petit changement de line-up, Fred Fortin redonne vie à Gros Mené. Le band culte lance aujourd’hui Agnus Dei, un premier disque depuis le premier disque, Tue ce drum Pierre Bouchard, paru en 1999. Le musicien raconte.

Vous avez ressuscité Gros Mené! Ça faisait longtemps que l’idée vous trottait dans la tête?
Pas vraiment, non. Mais les gens m’en parlaient beaucoup. Et puis, les Melvins sont revenus ensemble! Ça m’a donné le goût…! Mais ça ne me tentait pas de remonter le groupe seulement avec du vieux stock.

Avec Gros Mené, vous sentez-vous plus libre; avez-vous plus de fun qu’en solo?
Je ne me sens pas forcément plus libre, mais c’est plus facile de passer du stock rock dans plein de conditions. Quand tu fais du folk, l’idéal, c’est de jouer devant des salles plus tranquilles. Alors que là, on peut jouer pas mal n’importe où! Mais pour ce qui est de l’écriture des chansons, c’est la même chose pour moi. Même si on s’entend que, Gros Mené, c’est plus léger comme propos! (Rires)

Le son sur le disque est très live. On vous entend beaucoup rire!
Oui, t’entends même grogner [Olivier] Langevin quand il fait des solos de guitare! Faut comprendre qu’on a enregistré ça à mon chalet. Les gars arrivaient au début de la journée, je leur montrais la chanson, on apprenait à jouer la toune ensemble, puis on se faisait une petite bouffe… et on ouvrait une bouteille de vin… et là, on se disait : là, il faut que ça se passe et qu’on l’enregistre parce qu’après on ne sera plus capables de jouer! (Rires) Et c’est toujours quand tu crois que tu n’es plus capable de la jouer que c’est la bonne.

On connaît votre grand amour des personnages. Sur Agnus Dei, on retrouve par exemple Vénus, qui «s’tient su’l bord d’la Main». Plus un personnage est magané, plus ça donne des bonnes histoires?
Pour moi, oui. C’est quelque chose qui m’attire. J’ai un penchant pour ce genre de sujet et plus de facilité à écrire sur eux.

On trouve aussi la chanson Bruins, dans laquelle vous déplorez les déboires du Canadien. Un cri du cœur?
Oui! C’est une des premières chansons du disque que j’ai composées; elle est différente des autres un peu. Les Canadiens venaient de manger une volée, 8-2 je pense, une affaire de fou. C’était juste avant l’incident Pacioretty. Pendant que j’enregistrais la toune, y’avait une game sur CBC, que Don Cherry commentait. Ce qui fait qu’on l’entend dans la chanson… mais je pense qu’il ne le sait
pas encore!

Dans le morceau L’amour dans l’ROCK, vous chantez qu’on peut faire plein de choses, comme user de substances illicites ou faire des câlins à des call girls de Vegas, mais que ce n’est pas garanti qu’on trouvera l’amour dans l’rock, car ce n’est pas donné à tous. Vous, la première fois que vous l’avez trouvé, c’était quand?
Tabarnouche! J’m’en souviens pas! Et c’est peut-être mieux comme ça! (Rires)

Dans la pochette, vous remerciez «les fans finis». Sentiez-vous qu’ils attendaient ce retour?
J’en entendais souvent parler, et c’est sûr que, de temps en temps, quand je jouais un Ski-doo en show, le monde criait : «Heille! C’est du Gros Mené!» On n’a pas un gros bassin de fans, mais ceux qui sont là sont possédés.

Qu’est-ce qui fait un amateur de Gros Mené?
Oh, ce n’est peut-être pas à moi de le définir, mais il y en a pour qui c’est Gros Mené all the way! Ces gens-là, ils vont aller partout où on ira!

Certains qualifient votre musique de «rock de gars». Vous, vous en pensez quoi?
Ouain, c’est assez testostérone! (Rires) Mais les filles qui nous aiment sont des vraies de vraies!

Dans La bête volumineuse, documentaire que vous a consacré Antoine Laprise en 2010, vous disiez entretenir une relation amour-haine avec la musique. Est-ce encore le cas?
Oui, c’est pas mal le cas. Les sons, des fois, c’est harmonieux, mais des fois, c’est de la pollution. Et puis, vivre de la musique, ce n’est pas toujours comique. Mais je ne passe pas une seule journée sans musique, c’est clair! À un moment donné, t’es pris là-dedans et tu vas mourir avec ça. Tu n’as pas le choix.

Agnus Dei
En magasin dès mardi

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