Daphné Caron/Urbania Nicolas Casgrain, fauconnier

Toutes sortes de choses peuvent se trouver sur une piste d’atterrissage. Par exemple, des oiseaux ou des… chevreuils. Pour gérer la faune des aéroports, Nicolas Casgrain utilise parfois des faucons.

Pourquoi doit-on gérer la faune des aéroports?
Les moteurs des avions de ligne peuvent résister à un impact aviaire de quatre livres, soit environ un goéland. Tout ce qui est plus gros, par exemple une nuée d’oiseaux, ça détruit le moteur. Ça peut être très grave quand ça touche les deux moteurs, comme c’est arrivé à New York quand un avion a dû amerrir dans la rivière Hudson. Le péril aviaire, c’est un danger réel, mais il y a d’autres animaux qui peuvent perturber le trafic aérien.

Comme?
Ça dépend des aéroports. Pierre-Elliott-Trudeau est le plus grand espace vert de l’île de Montréal, donc les oiseaux sont attirés parce qu’ils voient un lieu pour se poser au milieu de la ville. Comme c’est un ancien marécage, on y trouve beaucoup de canards. Mirabel attire plutôt des renards, des castors ou des chevreuils.

Comment les chevreuils peuvent se retrouver sur une piste?
Ils n’ont besoin que de 17 cm pour passer sous une clôture, et sont capables de sauter une barrière de 12 pi!

Et les oiseaux, pourquoi ne leur faites-vous pas tout simplement peur avec votre klaxon pour qu’ils s’en aillent?
Dès que les oiseaux réalisent que notre technique pour leur faire peur n’a pas d’impact réel sur eux, ils s’habituent et n’ont plus peur. Quand le faucon attrape un oiseau, le message se passe que le danger est réel. Les oiseaux se parlent entre eux.

Laissez-vous le faucon manger sa proie?
Pas toujours, parce qu’une fois qu’il a mangé, il devient complètement indépendant de nous. La raison pour laquelle il revient, c’est qu’on le nourrit. On le pèse chaque matin parce qu’on sait exactement à quel poids il voudra revenir, sans pour autant être affamé. Cependant, si on ne le laisse jamais manger sa proie, il ne voudra plus chasser. C’est au fauconnier d’évaluer ça.

Ça prend combien de temps, élever un faucon?
Entre un et deux mois, et il s’améliore avec les années. Une sorte de partenariat se crée entre le faucon et son maître : avec le temps, il réalise qu’on peut l’aider à devenir un meilleur chasseur.

Quel est le cas le plus farfelu que vous ayez traité?
Un chien qui s’était échappé du cargo. Avec plusieurs véhicules, on a réussi à le coincer.

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