Denis Meaumont/Métro Geddy Lee, chanteur et bassiste de Rush

C’est un imposant programme double que les rois du rock canadien ont servi jeudi à leurs fidèles réunis au centre Bell. Un survol des 30 dernières années en première partie; une version quasi intégrale de l’album Clockwork Angels en deuxième partie. Rush avait préparé une soirée monumentale, et l’accueil des 12 400 fans l’a été tout autant.

D’entrée de jeu, on plonge dans les années 1980. Les trois virtuoses partent le bal avec le clavier reconnaissable entre tous de Subdivisions, suivi immédiatement du barrage sonore de Big Money. Énergie qui tue, exécution sans faille, quelques phrases bien senties en français… Rush a Montréal à ses pieds.

Comme si tout allait trop bien, la bande à Geddy Lee décide de nous endormir le temps de quelques morceaux plus obscurs. Rush, c’est bon, mais du classic Rush, c’est meilleur.

Heureusement, les vieux routiers sortent de leur torpeur, et le public avec eux. «Vous la connaissez celle-là? On l’a enregistrée près d’ici, à Morin Heights!» lance Lee de sa voix toujours bien aiguisée avant d’entamer l’hyperactive The Analog Kid.

Tout de noir vêtu, Alex Lifeson prend feu à la guitare alors que Neil Peart (à l’aise comme jamais derrière sa batterie malgré ses 60 ans) se permet un des solos dont seul lui et ses bras extraterrestres ont le secret. La première heure se termine sur la tonitruante Far Cry.

Du bon prog d’anthologie, comme on l’aime.

La deuxième partie s’ouvre dans la même exubérance. Rien de moins qu’une section de cordes de huit musiciens et des feux d’artifice pour accompagner Rush sur les notes d’ouverture du plus récent album, Clockwork Angels.

Le trio procède alors à une enfilade ininterrompue de neuf nouvelles chansons. La performance est réglée au quart de tour, mais l’accueil du public reste plutôt froid.

Dommage. Du classic Rush, c’est bon, mais il faut aussi faire ses devoirs. Le nouvel opus a été encensé par la critique, et ce, à juste raison. L’occasion était belle de se laisser emporter.

Au son de Red Sector A, les inconditionnels reprennent vie, puis perdent littéralement la tête durant l’essoufflante conclusion : YYZ, Spirit of Radio, Tom Sawyer et 2112. Que des bombes, histoire de rappeler à tous que les légendes ne meurent jamais.

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