Denis Beaumont/Métro Les quatre Trois Accords au lancement de J’aime ta grand-mère.

Toujours fidèle à son humour absurde, la formation Les Trois Accords lance J’aime ta grand-mère, son quatrième album, qui contient, une fois encore, son lot de vers d’oreille souriants.

Jouer le jeu de l’absurde ou demeurer sérieux et tenter d’aller au fond des choses? Allons-y pour la provoc : «Après avoir fait état de mon appréciation de votre album sur Facebook, une intervenante me disait que ça commence à sentir le réchauffé votre truc. D’accord?»

«Je ne pense pas. Jamais nous ne sommes allés jusque-là. Les commentaires qu’on reçoit le plus souvent, et pas par des personnes anonymes sur les réseaux sociaux, font état de la surprise et de l’étonnement des gens quant à une certaine originalité», lance Charles Dubreuil. «Je ne le vois pas ainsi. Le mot réchauffé peut faire référence aux sonorités.

Peut-être que certaines chansons font référence à des choses que les gens ont déjà entendues», ajoute Alexandre Parr. «C’est vrai que pour Bamboula, une toune très typée, certaines personnes ont pointé des références style Vampire Weekend ou Indochine», poursuit Simon Proulx, le parolier et compositeur au sujet du premier extrait de cette formation composée de quatre jeunes trentenaires devenus amis lorsqu’ils se sont rencontrés au secondaire à Drummondville.

Parmi les autres textures musicales, on note bien sûr le grunge (d’ailleurs, les membres jurent que ce sont eux qui ont inventé la poutine lors d’un show de Nirvana aux Fouf’s), mais aussi le pop punk, le yéyé et le surf.

D’ailleurs, aucun instrument utilisé pour l’enregistrement n’a été fabriqué après 1967, car ils ne se sont servis que de ceux qui étaient disponibles au studio new-yorkais de Gus Van Go et Werner F, les coréalisateurs de cet album où le thème de la folie revient à quelques reprises (C’était magique, J’aime ta grand-mère, Retour à l’institut).

«C’est souvent quelque chose d’utile comme procédé. Ça permet de mettre en scène des histoires différentes et un peu décalées ou bizarres. Alors, forcément, c’est un thème qui revient. Plus encore cette fois-ci», remarque Simon.

Mais d’où viennent les flashs qui nourrissent l’imaginaire des Trois Accords et qu’on dirait tout droit sortis de films de série B? Cigarettes de clowns et orge fermentée? Explication de Charles : «C’est rarement des histoires de party. Je vois aller Simon, c’est lui qui écrit tous les textes et, souvent, je fais les liens entre des personnes que nous avons rencontrées, les angles abordés et les sujets des chansons. Il y a des éléments fondateurs. Un événement arrive, et deux ou trois ans plus tard, paf, une toune arrive. Un peu comme s’il prenait des notes mentales.»

Pour les musiques, parmi les centaines d’accords qu’il invente en jouant de façon quotidienne, certaines mélodies reviennent inlassablement dans les répétitions et autres «gossages», comme des petites souris cachées dans une caisse de guitare qui voudraient vivre et être apprivoisées. Ces petites bêtes deviennent des chansons qui courent dans nos tympans jusqu’à la moelle épinière pour ensuite nous rendre fous. Qui s’en plaindra?

J’aime ta grand-mère
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