Les gars d’Omni­krom rendent un vibrant hommage aux nerds de la planète sur Les tronches, l’une des 13 pièces figurant sur leur nouvel album, Comme à la télévision. Mais comme ils s’empressent de le souligner, la démarche n’est pas désintéressée.

De leur propre aveu, Jeanbart, Figure8 et Linso Gabbo ont chacun un côté Schtroumpf à lunettes assez développé. Alors que le premier tripe fort sur les jeux vidéo et les gadgets électroniques, le second affectionne particulièrement les bandes dessinées.

Le troisième, quant à lui, se passionne pour les casquettes, les souliers et les statistiques sportives.

«Même si ce n’est pas mon truc, je trouve ça l’fun écouter quelqu’un me parler de Star Trek pendant une heure», explique Gabbo.

Aux dires du trio, la planète est menée par des geeks… et c’est très bien ainsi. «Quand tu vieillis, tu ne vois plus les nerds de la même façon. Aujourd’hui, ce sont eux qui conçoivent les choses que tu rêves d’avoir, illustre Jeanbart. C’est pareil en musique. Les dieux de l’électro, ce sont les  gens sur qui tu lançais des affaires à l’école. Ils sont sortis de leur sous-sol et ils sont devenus des rock stars.»

Un principe controversé

Les trois prêtres du rap fluo n’ont peut-être pas encore atteint le statut de stars du rock, mais force est d’admettre que Jeanbart, Linso Gabbo et Figure8 n’ont pas chômé depuis la sortie, en mai 2007, de leur première galette, Trop banane!

L’opus leur a non seulement permis de cumuler plus d’une centaine de spectacles au Québec et en France, mais il leur a aussi valu un trophée au 29e Gala de l’ADISQ, celui de l’Album hip-hop de l’année.

C’est d’ailleurs dans les coulisses de la prestigieuse cérémonie de remise de prix, lors d’une conversation avec les punks de Ste-Catherines, qu’est née l’hilarante Vedettes, une chanson qui promet d’en faire sourciller plus d’unes, avec des rimes comme : «Une célébrité, ça compte juste pas / Quand c’est une vedette, t’as même pas le choix / Ben non chérie, j’tai pas trompée / Hier, j’étais avec Marie-Mai.»

«Ça part du principe que, si tu couches avec une fille plus connue que toi, ce n’est pas de l’adultère, explique Linso Gabbo. C’est pareil pour ta blonde : si elle couche avec Brad Pitt, t’as rien à dire.»

Entièrement réalisé par le duo montréalais Megasoid (Robert Squire, alias Sixtoo, et Hadji Bakara), Comme à la télévision compte aussi un étonnant duo avec CÅ“ur de pirate. La jeune auteure-compositrice-interprète, qui donne habituellement dans le folk francophone, prête sa voix à Dans tes rêves, une ballade électro-pop qui traite d’amères retrouvailles.

«On ne voulait pas faire une toune d’Omni­krom avec une fille qui chante dedans, expose Jeanbart. On voulait faire quelque chose à mi-chemin entre son univers et le nôtre.»

Un nouveau jour

Si Comme à la télévision recèle plusieurs chansons colorées où Omnikrom laisse une fois de plus libre cours à son humour singulier (sur Chick géantes, par exemple, la formation rêve d’une femme qui «écrase des chiens comme si c’était des chenilles»), le CD offre aussi quelques moments plus graves qui révèlent une facette insoupçonnée du groupe.

En dépit de son titre pour le moins amusant, Feel Collins figure parmi ceux-ci. Le morceau – fortement inspiré de l’énigmatique In the Air Tonight, du célèbre batteur de Genesis – prouve que l’électro-pop peut avoir de la profondeur.

«On voulait parler de la peur qu’on perçoit chez les gens qui ne comprennent pas ce qu’on représente, explique Jeanbart. On niaise souvent, mais on trouvait ça important de délaisser
l’humour sur certaines tounes, de pousser un peu plus loin. Contrairement au premier album, on ne voulait pas que les gens se souviennent seulement de l’ambiance « party de filles » qui régnait du début à la fin du disque.»

«On voulait montrer ce qu’on est capables de faire, et, au final, ça donne un album plus complet, plus nuancé», ajoute Gabbo.

Hormis Phil Collins, Omni­­krom fait allusion à une autre icône de la pop sur Comme à la télévision. Sur Je crie encore, qui traite du refus de passer à l’âge adulte, le groupe multiplie les clins d’Å“il à Michael Jackson qui, comme tout le monde le sait, semble lui aussi atteint du syndrome de Peter Pan.

«À 28 ans, tu commences à penser au temps qui passe, signale Gabbo. Mais même si tu ne veux pas vieillir et que tu veux rester jeune, c’est sûr qu’un jour, tu vas devenir un adulte avec des enfants et plein de responsabilités. Le truc, c’est de ne pas filer tout droit vers un cliché qui ne te tente pas.»

Comme à la télévision
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