Sir Paul a peut-être les gestes plus lents que par le passé et la voix qui craque un peu par moments, mais le McCartney qui est monté sur la scène du Centre Bell hier n’a rien perdu de son sens du spectacle.

Enchaînant les chansons presque sans arrêt pendant plus de deux heures et demie, l’ex-Fab Four a soulevé beaucoup plus de passion que l’équipe qui a l’habitude de remplir cette enceinte.
Paul avait promis «some old songs» (lire les Beatles), «some new songs» (lire Egypt Station) et «some in between songs» (lire Wings). Et tel le musicien et showman expérimenté qu’il est, il n’a pas trop insisté sur le nouveau matériel et a surtout offert au public ses plus grands hits.

C’est après qu’on eut entendu le mythique accord de mi majeur de A Day in the Life que McCartney est monté sur scène tout tranquillement. Il a lancé son spectacle avec énergie sur A Hard Day’s Night, comme il l’avait fait la veille à Québec, premier arrêt de sa tournée.

Et comme dans la capitale, le Britannique a «essayé de parler un petit peu français». Ses textes étaient clairement lus sur un téléprompteur, et cela est devenu évident quand il s’est étonné lui-même en répétant le mot «enregistrement», mais la foule a apprécié l’effort. L’effet que peut avoir un «Bonsoir Montréal» ou un «Merci Montréal» avec un accent british, quand même!

C’est d’ailleurs sur sa célèbre chanson comportant des paroles en français Michelle, et après plus d’une heure de spectacle, qu’on a entendu pour la première fois la foule chanter «très bien ensemble».

Même si le chanteur s’est adressé «aux fans de Wings» quelques fois, la foule était (sans surprise) beaucoup plus réceptive aux chansons des Beatles qu’au reste du répertoire. Celles-ci étaient d’ailleurs souvent accompagnées de vidéos des quatre fringants chevelus. Comme sur Something, hommage à George Harrison, «un très bon joueur de ukulele», que McCartney a d’ailleurs entamé seul à cet instrument avant d’être rejoint par son band dans le pont.

Cette chanson lançait d’ailleurs l’enfilade de hits de la dernière heure du spectacle. Band on the Run, Let it Be avec une foule étonnamment silencieuse, brandissant lampions et téléphones, Live and Let Die avec beaucoup de pétards trop forts pour les vieux tympans de Paul, et un bon vieux parlement britannique qui explose (un jour un Anglais devra nous expliquer), etc.

«Viens ici, ne tremble pas. Je veux vraiment tenir ta main.» –Paul McCartney parlant à Yoko, une Japonaise dans la foule qui est montée sur scène tout énervée.

Bien appuyée par trois musiciens qui chantent en plus d’assurer la batterie, la basse et les guitares, la voix de Paul McCartney a très bien paru. Peu de chansons (Can’t Buy Me Love, Back in the USSR) des Beatles ont été descendues de quelques tons pour préserver les cordes vocales de 76 ans. Les quelques éraillements dans Maybe I’m Amazed étaient au moins le signe qu’il n’a pas eu recours à un petit peu d’aide de ses amis les enregistrements.

L’ex-Beatles avait également beaucoup d’énergie. En tout cas, il en faut pour faire plus de 30 chansons! Oui, son lever de basse ou son poing dans les airs sont un peu lents et il ne bouge pas beaucoup de derrière son micro. Par contre, il s’est levé après chaque pièce qu’il a jouée au piano pour faire quelques petits pas de danse. Sir Paul sait que, même à son âge vénérable, un petit déhanchement provoque encore la clameur de ces dames.

Peut-être est-ce l’âge, peut-être est-ce l’expérience, mais le bonhomme ne s’en laisse pas imposer. Il n’a pas laissé un spectateur l’interrompre dans son speech sur son «dear friend John» Lennon et le fait qu’il faut dire les choses aux gens «pendant qu’il est encore temps». Il n’a pas hésité à lui crier un grand «shut up» bien placé. N’interrompt pas un Sir qui veut, il faut croire.

Et ce n’est pas non plus tout le monde qui a la possibilité de se payer un billet pour Paul McCartney. Mais tous ceux qui en avaient les moyens ont apprécié leur soirée jusqu’au dernier «na na na» de l’interminable Hey Jude, et même jusqu’aux rappels.

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