Aux yeux de ses fans, Tori Amos est beaucoup plus qu’une chanteuse pop : c’est une virtuose du piano, une prêtresse du mystique, une force de la nature.
À en juger par sa prestation d’hier soir au Théâtre St-Denis, le véritable culte dont elle fait l’objet depuis bientôt 20 ans n’est pas près de s’estomper.
Sur scène, l’Américaine ne se contente pas de jouer gentiment du piano. La relation qu’elle entretient avec son instrument n’est pas strictement professionnelle, ni même personnelle, mais carrément sexuelle!
À plusieurs reprises au cours du concert, on a eu l’impression d’assister à un cours avancé de Kama Sutra. Les jambes écartées, l’énigmatique rouquine a multiplié les positions (debout, assise, à quatre pattes, une jambe en l’air, etc.) et les coups de bassin suggestifs pendant près de 90 minutes. Et c’est sans compter les roucoulements et les halètements qu’elle laissait échapper…
Face à ce spectacle quasi obscène, il aurait été facile de jouer les observateurs passifs. Mais grâce à son formidable charisme et à son ahurissante force d’attraction, Amos réussit à nous faire entrer dans sa singulière bulle. Voilà sans doute pourquoi la soirée d’hier a parfois pris des airs d’étrange ménage à trois… si on fait abstraction des deux musiciens (un batteur et un guitariste/bassiste) qui l’accompagnaient.