Les vampires ont présentement la cote. Ils sont partout : dans les livres, à la télé et au grand écran. Ce n’est par contre pas d’hier que les ancêtres d’Edward, de la saga Twilight, ou de Bill, de la série télé True Blood, fascinent petits et grands. À différentes époques de l’histoire, les êtres assoiffés de sang ont été à la mode et aujourd’hui nous avons droit à de nouvelles déclinaisons du mythe vampiresque. Métro s’est intéressé à ce phénomène… immortel.
S’il existe quelqu’un qui en connaît long sur les vampires, c’est bien Dacre Stoker. Il a eu la morsure étant jeune. On peut même dire qu’il a ça dans le sang! Il est en fait le petit-neveu de Bram Stoker, le célèbre auteur de Dracula, qui, en 1897, a créé le personnage du fameux conte qui se gavait de sang. Il a d’ailleurs fait paraître la semaine dernière le roman Dracula, L’Immortel (Michel Lafon), la suite officielle de l’Å“uvre de son aïeul.
Dacre Stoker n’est pas du tout surpris de la popularité des vampires. En fait, selon lui, le fait que les vampires ne soient pas sortis de l’imagination d’un auteur ou de plusieurs auteurs, mais plutôt fassent partie intégrante de différents folklores et mythologies, a été le gage de la perpétuelle fascination qu’ils ont exercée.
«Les vampires ne sont jamais tombés dans l’oubli, affirme l’auteur. Mais quand de bons écrivains ou de bons réalisateurs arrivent avec de bonnes histoires de vampires comme Twilight pour les adolescents, ou True Blood pour les adultes, ils reviennent au goût du jour.»
L’impact de Dracula
Si avant Dracula, les vampires avaient fait depuis belle lurette leur intrusion dans la littérature, c’est cependant le roman de Bram Stoker qui a été à l’origine de toutes les variations sur le thème que l’on connaît aujourd’hui. C’est que le Dracula de Stoker, personnage de l’ombre, était aussi un être damné qui a réussi à susciter autant la pitié que l’épouvante.
«Mon grand-oncle a créé son personnage de vampire à l’époque victorienne, et en a fait la métaphore de plusieurs sujets tabous de cette ère quelque peu austère, explique Dacre Stoker. Il y avait tout d’abord la référence à l’acte sexuel, avec l’exposition du cou féminin, les lèvres sur la peau, l’échange de sang et de fluide. Le vampire était aussi une métaphore de l’immigration. À l’époque, les gens émigraient de l’est de l’Europe et arrivaient dans le monde industriel de l’Angleterre. Dracula, lui, déménage de Transylvanie à Londres pour avoir accès à davantage de sang afin de pouvoir survivre.»
Aujourd’hui, le personnage du vampire sert encore à dénoncer certains tabous. Par exemple, dans la série de HBO True Blood, les vampires subissent une discrimination semblable à celles dont sont victimes les homosexuels.
Mais selon Bram Stoker, si les vampires ont autant la cote aujourd’hui, c’est qu’ils sont immortels.
«La question de l’immortalité touche tout le monde, souligne-t-il. Si vous aviez la chance d’être immortel, est-ce que vous vendriez votre âme au diable ou est-ce que vous accepteriez de vous faire mordre par un vampire? C’est une question qui ne laisse personne indifférent.»