Dumas connaît la routine. En règle générale, la sortie d’un nouvel album s’accompagne d’une série d’entrevues, de quelques apparitions à la télé et d’une tournée de spectacles. En 2009, l’auteur-compositeur de 30 ans a choisi d’ignorer ces conventions. «J’étais content de prendre un risque, dit-il. Et je suis convaincu que cette démarche-là va avoir un impact sur la suite des choses.»
S’il a décidé de se faire discret dans les médias, Dumas n’a pas gardé le silence pour autant, lançant pas moins de quatre opus en moins de 12 mois : Nord, Rouge, Demain et Au bout du monde. D’ici quelques semaines, le chanteur aura vendu 40 000 exemplaires de ces CD en édition limitée, prédit La Tribu, sa maison de disques. «J’avais le goût de faire parler la musique et rien d’autre, explique Dumas. Ça me permettait aussi de rester en studio et de me concentrer uniquement sur ce projet.»
C’est avec Traces, une galette de 13 titres réalisée avec son complice Louis Legault, que le natif de Victoriaville met un terme à sa mystérieuse mission et, par le fait même, à son mutisme.
Enregistré au studio Victor pendant l’été et l’automne, l’opus compte plusieurs chansons inédites, mais aussi des versions retravaillées – et parfois réinventées – de morceaux figurant sur les autres pièces du puzzle. «Au départ, je n’avais pas la prétention de dire que j’allais sortir quatre bons disques, révèle-t-il. Je voulais faire de la recherche. Je voyais ça comme une méthode pour aboutir à un album plus étoffé, plus achevé.»
Parmi ces pièces métamorphosées de fond en comble, citons Un train dans la nuit, qui change non seulement de tempo, mais aussi de clé; Atlantica, qui perd sa facture new-wave à la Cure au profit de guitares acoustiques; et Passer à l’ouest, écourtée de deux minutes. «Pour mes trois premiers albums, j’ai souvent pensé : “Si je pouvais recommencer telle ou telle toune, je ferais autrement”, raconte Dumas. Eh bien, cette fois-ci, j’ai eu la chance de le faire.»
À travers ces transformations et ces réécritures, une chose subsiste : les mélodies. Fidèle à son habitude, Dumas a pondu des refrains accrocheurs, mi-rock, mi-planants, dans la même veine que ses succès passés, comme Vénus, Alors, alors et Je ne sais pas. Mais pour la première fois de sa carrière, il a habillé ces morceaux de somptueuses cordes, arrangées par Martin Roy et Vincent Réhel.
Ce fantasme de musicien, il a pu se le permettre grâce à son travail sur les quatre mini-albums. «Étant donné qu’on avait exploré pas mal de trucs, on s’est servi du budget alloué à la recherche sur Traces pour se payer un véritable orchestre, explique Dumas. En d’autres mots, la sortie des EP, c’était un peu comme un moyen d’autofinancement!»
Le prolifique compositeur a beau répéter combien il a adoré sa réclusion, il semble tout de même excité à l’idée de retourner sur scène, ce qu’il fera le 13 décembre au Vieux Clocher de Magog, et du 27 au 31 décembre au National. «J’ai hâte de recommencer à faire des shows, indique-t-il. La scène et le studio ce sont les endroits où je me sens le mieux.»
Traces
En magasin dès mardi