Collaboration spéciale

Le cinéaste français Pierre Salvadori s’affranchit des codes cinématographiques usuels dans son nouveau film En liberté!

Cela fait 25 ans que Pierre Salvadori réalise des longs métrages. On lui doit notamment Hors de prix et Cible émouvante. Il n’avait pourtant rien fait qui ressemble de près ou de loin à En liberté!

«Je me suis autorisé des choses que je ne me serais pas autorisé avant, avoue le metteur en scène au bout du fil. J’ai peut-être eu plus confiance en moi et dans les spectateurs.»

Démarrant sur les chapeaux de roues, sa nouvelle création entremêle les destins de deux individus qui aspirent à rattraper le temps perdu : une veuve (Adèle Haenel) hantée par son passé et un homme (Pio Marmaï) qui a croupi huit ans en prison pour un crime qu’il n’a pas commis.

«On a l’impression que le film a plus écouté les personnages que les règles habituelles du cinéma, explique son réalisateur. Ils ont pris le pouvoir et ils ont le droit d’être en colère.»

Leur flamboyance et leur imprévisibilité guident d’ailleurs ce récit qui, aux dires du cinéaste, ne comporte aucune réelle trame narrative.

«C’était un risque, admet-il. Mais au cinéma, on ne se rappelle jamais d’un beau film pour son intrigue. Et c’est quelque chose qui rend presque prisonnier le film. J’avais envie d’un film libre. C’est d’ailleurs plus un mouvement qu’une histoire, ce qui ouvre énormément de possibilités.»

«Il y a plein d’audaces formelles et de refus de la fiction pure, ce qui me faisait craindre un rejet. Finalement, c’est ce qui a apporté l’adhésion des gens, ce qui les a émus.» – Pierre Salvadori, sur son film En liberté!, qui a obtenu un excellent accueil populaire 
et critique en France

L’œuvre a tôt fait de s’éclater dans toutes les directions, suivant des détours comiques et burlesques pour mieux embrasser la mélancolie des émotions, avant d’en mettre plein la vue et les oreilles avec ses scènes d’action musclées et ses dialogues romancés.

«Je trouvais intéressante, cette idée de film un peu total qui mélange tous les genres et qui soit plus une sensation», admet l’admirateur d’Ernst Lubitsch, qui dit s’être inspiré du travail de Blake Edwards, de Jonathan Demme et de Rob Reiner.

Derrière l’apparente légèreté d’En liberté! il y a une profondeur insoupçonnée, palpable notamment dans la relation entre le héros en furie et son amoureuse (Audrey Tautou), qui osent mentir afin d’améliorer leur sort.

«On croit toujours que c’est la vérité qui est vectrice d’émotions, mais on peut décider de quelque chose, croit Pierre Salvadori. Il y a cette idée qu’on peut mettre en scène nos existences et que ce n’est pas se mentir à soi-même. C’est une façon d’amplifier les émotions et il en ressort une vérité.»

«C’est vraiment l’importance de la poésie dans nos vies. Si on est en train de passer à côté d’une émotion, l’idée de la rejouer, l’importance du simulacre, me paraît quelque chose de passionnant.»

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