Luce TG Le Cirque Alfonse réunit une troupe intergénérationnelle : du bébé d’un an et demi au grand-père de 70 ans, tout le monde prend part au spectacle!

La troupe du Cirque Alfonse vient passer le temps des Fêtes à Montréal avec sa dernière création, Timber!, un spectacle dans lequel des bûcherons jonglent… avec des haches! Métro a rencontré deux des membres fondateurs de la troupe, Antoine et Julie Carabinier.

Ne cherchez pas les mâts chinois, mais plutôt les bâtons de draveur en entrant sous le chapiteau de la TOHU pour le spectacle Timber! Avec la troupe du Cirque Alfonse, fondée par la famille Carabinier, les agrès de cirque ont été remplacés par des objets venus de la forêt et des camps de bûcheron. «On vient de Saint-Alphonse-Rodriguez, dans Lanaudière, explique Antoine Carabinier. On a vraiment grandi dans le bois, dans le folklore québécois… Notre premier spectacle, La brunante, qu’on a créé il y a six ans, était consacré à la veillée d’antan, et Timber! en est un peu la continuité.»

En effet, le folklore québécois, que la joyeuse bande souhaite faire découvrir aux jeunes générations («sans tomber dans la parodie», précise l’acrobate) est au centre de ce spectacle familial… dans tous les sens du terme.

«On est une vraie famille sur la scène; il y a mon fils d’un an et demi dans le spectacle, il y a nous, et aussi notre père, qui a 70 ans, énumère Julie Carabinier. Ça rejoint un peu toutes les générations.»

À cela s’ajoutent le conjoint de Julie, Jonathan Casaubon, et plusieurs copains de longue date : Guillaume Saladin, Josianne Laporte, David Simard… «On voit la complicité qui se passe, déclare Antoine. Et on est habitués à travailler ensemble, ce qui facilite les choses.» «Et tout ça crée une proximité avec le public, qu’on ne retrouve pas forcément dans les spectacles des plus grosses troupes.»

Ils parlent en connaissance de cause : après un temps dans les grands cirques – les artistes de la troupe sont pour la plupart passés par le Cirque du Soleil, Éloize ou les 7 doigts de la main –, l’envie s’est fait sentir chez les Carabinier d’emprunter une direction tout à fait différente. «On a vraiment trouvé notre voie, résume Antoine. Le cirque, au Québec, c’est gros; on a quand même trois des plus grosses compagnies au monde. Se tailler une place là-dedans, ce n’est pas évident. Mais ce qu’on fait ne ressemble à rien de ce qu’on faisait avec Éloize et les 7 doigts. Et il n’y a pas de compétition, ça reste nos amis.»

Timber! n’est pas un spectacle parfait, assurent le frère et la sœur, qui en tirent, en fait, une certaine fierté. «C’est un peu brut comme spectacle. Ça arrive qu’on échappe des haches, mais ce n’est pas grave, dans un sens, affirme Antoine. On ne triche pas, on n’a pas essayé de les arranger pour qu’elles soient plus légères; tout est coupant, le risque est bel et bien là.» «Il n’y a rien de caché, et le public sent l’effort que ça demande», ajoute Julie.

«Je pense qu’on s’est respectés dans nos choix, ce n’est pas non plus juste un show de feux d’artifice qu’on aurait monté dans un but commercial, conclut Antoine. Il y a un fond à tout ça : la famille, les artistes qu’on est. C’est notre compagnie, c’est nous autres. Et ça, on en est assez fiers.»

Comme chez les bûcherons
C’est dans la grange familiale, à Saint-Alphonse-Rodriguez, que Timber! a vu le jour. «On a défoncé le plafond pour que ça fasse deux étages, et on était là matin, midi et soir», se souvient Antoine Carabinier. «C’était comme un vrai camp de bûcherons! On dormait là, on se levait, les gars allaient bûcher pour se réchauffer, et on partait!» ajoute Julie Carabinier.

C’est qu’ils triment dur, les membres du Cirque Alfonse. «Notre mère s’occupe de la paperasse, notre père a construit tous les décors. Même s’ils sont à la retraite, ils n’ont jamais travaillé autant! lance Antoine. C’est sûr que ça suppose beaucoup de travail, mais on a nos idées, notre façon de travailler, notre vision de l’ambiance qu’on veut, et on ne peut pas forcément obtenir ça quand on est seulement interprète.»

Les Carabinier soulignent par ailleurs que chaque membre de la troupe est très impliqué dans le spectacle. «C’est multidisciplinaire, on a des musiciens live sur scène qu’on a intégrés au spectacle pour faire des numéros d’acrobatie, et nous-mêmes jouons des instruments», explique Antoine.

La musique – une trame sonore originale signée David Boulanger et David Simard, ainsi que quelques airs traditionnels québécois – a effectivement une importance capitale dans Timber! «Les musiciens ont appris à travailler avec nous, dit Julie. Ils ne jouent pas dans leur bulle, ils se synchronisent avec nous. Le fait qu’ils soient sur scène apporte une dimension supplémentaire très intéressante.»

Et comment envisagent-ils ce retour dans la métropole, où ils avaient présenté le spectacle au festival Montréal complètement cirque à l’été 2011? «Le spectacle n’a pas changé dans son aspect général, mais s’est beaucoup resserré. Il a vécu, il est beaucoup plus rythmé qu’il ne l’était en 2011. Et en fait, d’une représentation à l’autre, ce n’est jamais pareil… C’est ça qui est l’fun!»

Timber!
À la TOHU
Du 18 au 31 décembre

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