Jamie Cullum n’a que 30 ans et, après 3 al­bums à succès, il pourrait s’en tenir à des airs jazz-pop tout en dévoilant son mignon sourire. Mais le chanteur et musicien a décidé de délaisser la formule Michael Bublé et d’explorer davantage dans The Pursuit. Il est toutefois trop tôt pour le qualifier de nouveau Frank Sinatra…

Que signifie pour vous The Pursuit, le titre de votre album?
Il s’appelle The Pursuit parce que j’ai eu 30 ans il y a quelques mois. Mes amis m’ont demandé: «Est-ce que l’approche de tes 30 ans te fait une drôle d’impression?» J’ai essayé de trouver pourquoi je n’en ressentais pas. Je présume que, lorsqu’on vit de son art, il n’y a pas de ligne d’arrivée. Ça devient le travail d’une vie, ce qui donne cette espèce de sens que l’on cherche dans la vie. Cette poursuite est semblable à celle de cette insaisissable perfection musicale, que, bien entendu, nous n’atteignons jamais. On poursuit beaucoup de choses dans notre vie, et cet album est une partie de cette poursuite.

Vous aviez 26 ans à la sortie de votre dernier album. Qu’avez-vous fait depuis quatre ans?

J’ai été en tournée pendant deux ans. Après, j’avais seulement besoin de relaxer. Entre Twentyso­me­­thing et Catching Tales, je n’ai pas pris le temps d’arrêter. J’ai profité de chaque moment et j’ai fait la fête un peu partout dans le monde.

Sans avoir de pression pour composer des chansons?
Aucune. Mais du moment que je n’avais pas de pression, je voulais écrire des chansons. Je crois que ce qui est important, c’est de se rappeler qu’on écrit pour la joie d’écrire, de faire de la musique. Dès qu’on commence à penser qu’il faut écrire une chanson, la musique en souffre.

Avez-vous gagné en confiance depuis votre succès, assez pour ne plus vous soucier de l’opinion des autres?
C’est impossible de ne plus penser à ce que les autres pensent de nous. Mais ça devient de moins en moins important, et ça te définit de moins en moins à mesure que tu vieillis. Je pense que, d’un album à l’autre, ma voix a gagné en force, en caractère. Ça ne veut pas dire que l’un ou l’autre est meilleur, seulement que ça sonne comme quelqu’un qui grandit et qui raffine son art. Lorsque j’étais plus jeune, je croyais que tout devait être toujours plus parfait.

Votre album est un mélange de vos influences de jazz et de house. Est-ce que ça vient de vos expériences de DJ?
Oui, mais ça vient aussi de quelqu’un qui fréquente les clubs de jazz, les raves, les concerts rock et les spectacles de musique indie. C’est ce que je suis : un maniaque de musique. J’ai des goûts éclectiques parce que j’ai grandi en écoutant du hip-hop, de la musique soul et DJ Shadow.

Avec quel artiste aimeriez-vous collaborer?
Mon Dieu, ma liste est sans fin! Elle va de Mad Lib à Tom Waits, the Flying Lotus, à Rihanna, à Elton John, Bruce Hornsby, Herbie Hancock, Yo Yo Ma…

Vous n’avez que 30 ans et vous êtes au même niveau que ces gens. Que feriez-vous si vous n’étiez pas là?

Je me sens béni de gagner ma vie en exerçant un travail que j’aime. Mais je pense que j’écrirais. J’aime les mots. C’est ce que j’ai toujours pensé que j’aurais fait – un journaliste, un romancier, un rédacteur dans un magazine… Je suis aussi un mordu de cinéma. J’adorerais faire des films!

Vous a-t-on déjà offert d’être acteur?
Avant, je faisais cette farce : «La seule personne qui pourra me pousser à faire un film est Wong Kar- wai.» Une semaine jour pour jour après avoir fait cette boutade, j’ai su que Norah Jones allait jouer dans My Blueberry Nights! On m’offre toujours des rôles de joueur de piano des années 1940. Ce n’est pas quelque chose qui m’attire.

The Pursuit
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